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INSTITUTION DU CULTE DES ANIMAUX SACRES

Kaiéchôs, second roi de la ii" dynastie des rois héréditaires, institua le culte d’Apis à Memphis, de Mnévis à Héliopolis, et du bouc à Mendès (1).

Cette institution prouverait, au besoin, que Memphis a été fondée long*temps avant le règ’ne d’Uchoréus, et elle atteste l’existence, à cette époque, c’est-à-dire au lv“ siècle avant notre ère, de deux villes importantes situées dans la Basse-Eg'ypte : Héliopolis et Mendès.

Une connaissance sommaire de la relig’ion des Ég*yptiens étant nécessaire pour bien apprécier leurs édifices relig'ieux, nous allons dire quelques mots là-dessus.

L’écriture hiéroglyphique, à cause de sa nature, s’étant trouvée dans la nécessité, surtout pour les sujets religieux, d’exprimer les idées abstraites par des symboles, ces images symboliques devinrent après un long espace de temps, un objet de vénération; et, par extension, on vénéra aussi les êtres vivants dont plusieurs de ces symboles étaient la représentation. C’est là, sinon ce qui justifie, du moins ce qui explique le culte des animaux.

Plutarque fait judicieusement observer que « ce n’est pas aux animaux que s’adressait en réalité le culte, mais aux dieux dont ils étaient les symboles. Les philosophes, dit-il, honorent l’image de Dieu, quelque part qu’elle se montre, même dans les êtres qui sont sans vie, bien plus encore par conséquent dans ceux qui sont animés. On doit

(1) Manéthon, cité par Le Syncclle.

donc approuver, non ceux qui adorent ces créatures, mais ceux qui par elles remontent jusqu’à la Divinité (1). »

« La relig'ion ég’vptienne était un monothéisme pur, se manifestant extérieurement par un polythéisme symbolique, c’est-à-dire un seul Dieu, dont toutes les qualités et les attributions étaient personnifiées en autant d’ag'ents actifs ou divinités obéissantes (2). »

A Sais, l’antique inscription g*ravée sur l’architrave du temple au-dessous du g’rand symbole sig'nifiant V Esprit de Dieu, donne une haute idée de la théolog'ie ég-yptienne. Voici cette inscription :

« Je suis tout ce qui est, tout ce qui a été, tout ce qui sera;

« Nul n'a soulevé le voile qui me couvre;

« Le fruit que fai enfanté est le Soleil. »

Les cérémonies relig’ieuses se faisaient avec pompe et mag-nificence dans l’intérieur des temples et non en dehors comme dans la relig’ion g*recque ou romaine. Il en résulte naturellement que les édifices sacrés de l’Eg'ypte ont beaucoup plus d’analog-ie avec ceux des chrétiens que les temples de tout autre peuple. Ces édifices, élevés par la nation la plus profondément relig'ieuse de l’antiquité, étant fortement empreints de majesté, d’un caractère g'rave, mystérieux, recèlent plus d’un enseig-nement utile. Nous nous proposons donc de les étudier avec soin, au fur et à mesure qu’ils sortiront successivement de la nuit des temps.

La troisième dynastie n’offre rien d’intéressant pour l’histoire de l’art monumental; la quatrième nous ramène à notre point de départ : les g’randes pyramides.

(1) Traité d’isis et d’Orisis, p. 377.

(2j Champollion-Figeac , Égypte, p. 244.

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