CHAPITRE IV
il y a ving’t-sept mètres. Ce lac, n’a donc pu jouer le rôle de modérateur du Nil, ni servir aux irrig*ations, en rendant les eaux qu’il avait reçues; effets qu’on attribue au lac Mœris. »
Mais il en est tout autrement si on suppose un lac construit dans la partie supérieure du Fayoum. C’est là en effet que M. Linant a trouvé d’énormes dig’ues faites de main d’homme, les unes en bonne maçonnerie de près de 10 mètres de larg*eur sur 12 mètres de hauteur, avec un fort talus vers le bas, et des contre-forts nombreux en aval; les autres en terre d’environ 60 mètres d’épaisseur.
« Les nombreuses traces de ce g*rand ouvrag*e, dit M. Linant, se montrent en tant d’endroits que je pus facilement les réunir par la pensée et en faire une lig’ne continue, » Cette ligne s’étend du nord au sud , en formant un coude à l’ouest , dans un développement de 5 myriamètres (12 lieues et demie). Ce lac, limité à l’est par la chaîne libyque, avait 112 kilomètres de circuit (28 lieues). Sa superficie était de 405,480,000 mètres. M. Linant a calculé que le volume d’eau fourni par le Bahr Jousef pendant le temps de l’inondation était de trois milliards de mètres cubes; ce volume, réparti sur la surface du lac, produirait une couche d’eau de 7 mètres 60 c. d’épaisseur.
« On conçoit qu’en détournant une portion aussi considérable du cours du fleuve, on pouvait empêcher une partie des dégâts occasionnés parles trop grandes crues, et qu’on produirait encore aujourd’hui le même effet par le même moyen.
« Le lac remplissait donc en cela le but que les traditions historiques lui attribuent. »
On voit encore, dans les terres où fut le lac Mœris, les bases des deux pyramides dont parlent les auteurs anciens, et qui étaient couronnées chacune par une statue colossale assise. Les Arabes appellent ces ruines Corsi-t-Pharaoun, ou chaises de Pharaon.