‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 38 sur 296 · LIVRE II. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE V

taillées dans le roc, ont leurs plafonds soutenus par de simples piliers carrés, les voûtes des hypog'ées de Béni Hassan sont supportées par les plus élég’antes colonnes qu’ait enfantées l’art ég'yptien. En un mot, les prog’rès de l’arcliitecture s’y manifestent avec éclat, et prouvent que, loin d’être stationnaire, elle a fait un g*rand pas depuis les pyramides.

Le portique du premier tombeau, situé au nord et appartenant à un chef militaire, est formé de deux colonnes octog’ones avec tailloir semblable à ceux des piliers carrés dont ces colonnes dérivent évidemment.

Un des faits qui, en Ég*ypte, ont le plus étonné les voyag*eurs, est

l’existence de colonnes cannelées qui ressemblent aux colonnes doriques des Grecs. Cette observation' fut faite, dans les hypog’ées d(; Béni Hassan, d’abord par Jomard, ensuite par Ghampollion, qui donna judicieusement à ces colonnes le nom de proto-doriques-égi/ptiennes.

L’étonnement redouble quand on considère la haute antiquité de ces monuments. Dans le premier et le plus ancien, celui dont le plafond est soutenu par quatre colonnes cannelées, on lit, sur le chambranle intérieur de la porte, une date de la xuii” année du règ*ne de Tosortasen I", date remontant à plus de trois mille ans avaid notre ère.

Le second tombeau, avec porti((ue à colonnes proto-doriqnes, appartenait aussi à un chef militaire; il est daté de l’an vi du règ’oe de Tosortasen H, quatrième successeur de Tosortasen 1".

Les colonnes proto-doriques ont seize cannelures lég’èrement creu-

res (lu tombeau n“ 1 de Béni Hassan.

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