LIVRE IL — CHAPITRE VI
répétons, une espèce de dais posé sur quatre colonnes au milieu desquelles est ordinairement placée la statue d’un dieu ou d’un roi; « l’édicule était en évidence dans l’intérieur des temples (1) ».
Une stèle, g'ravée sur un rocher de Silsilis, nous montre ce petit édifice dans toute sa naïve rusticité, en harmonie avec la statue du dieu Phtha, qu’il encadre, et dont le caractère hiératique est de conserver la forme sous laquelle ce roi divinisé fut représenté dans les âg'es primitifs, alors que l’art était encore dans l’enfance (2). Plus tard, la sculpture s’épurant, les édicules prirent des proportions, des formes élég'antes, enfin le simple poteau devint une g-racieuse colonnette.
Pendant une long'ue suite de siècles, chaque nature de construction, la pierre et le bois, eut son caractère propre bien tranché. Mais vers l’époque où l’on creusa les hypogées de Béni Hassan, les édifices de pierre, tout en conservant leurs principes constitutifs, tels que nous les avons établis, empruntèrent aux colonnes de bois des idées décoratives.
Le lotus et le papyrus avaient en Egypte une certaine importance; ils prenaient rang* parmi les caractères sacrés, ils sig’nitiaient symboliquement la haute et la basse Egypte, et leur imagée répétée ornait souvent les frises des temples. La pensée de faire des colonnes à l’imitation de ces plantes semble donc s’être
(1) Inscription de Rosette.
(2) Voyez notre pl.
Fig. 16. — Béni Hassan. 7' tombeau.
naturellement présentée à l’esprit des Ég'yptiens. Toutefois, d’une faible tig’e de roseau à un robuste pilier de pierre la distance était trop g’rande pour être franchie tout d’abord; on n’y dut pas song’er. Mais il en est bien autrement de la lég'ère huisserie des chapelles portatives.
Enfantée par le besoin de la variété, cette transformation nous appa-
lîX.-îc.
Fig. 17. — Béni Hassan. 7® tombeau. Plan.
raît pour la première fois dans un tombeau construit sous les rois de la dynastie, vers le xlvi'’ siècle avant notre ère. Les parois de cet antic|ue monument nous offrent l’imag’e d’un édicule avec colonnes à chapiteau ayant la forme d’un bouton de lotus tronqué; le sommet du fût est entouré d’éléganles bandelettes qui se retrouvent aussi à toutes les colonnes du même g'enre représentées postérieurement dans les basreliefs. Ce remarquable ornement donna naissance aux annelets couronnant les colonnes de pierre. Les annelets des chapiteaux doriques ont