‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 45 sur 296 · LIVRE IL — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE IL — CHAPITRE VI

probablement une orig’ine analog’ue ou sont un emprunt fait à l’Ég’ypte.

Un autre tombeau, à peu près de la même époque, présente le plus ancien exemple de chapiteaux imitant la fleur épanouie du lotus.

Comme nous le disions tout à l’heure, l’idée ne vint pas aux Egyptiens de faire des colonnes de pierre imitant directement les tig'es et les fleurs des plantes. Cette imitation existait peut-être déjà du temps d’Osiris, mais bien certainement depuis plus de seize siècles dans les colonnettes de bois, lorsque les colonnes de pierre commencèrent a emprunter à celles-ci leur forme et leur décoration. Cependant, pour

Kig. 18. — Beui an. 7' tombeau. Coupe.

donner à ces nouveaux supports la force nécessaire à des constructions durables, sans trop s’écarter de l’élég^ance du modèle et des proportions naturelles, on imag’ina de former des faisceaux en g’roupant d’abord quatre colonnettes, que plus tard on porta jusqu’à huit.

Les colonnes de ce g’enre sont fort nombreuses à Béni Hassan; elles sont composées de quatre tig'es seulement. Celles du tombeau n“ 7 (1), qui ont été plus particulièrement mesurées, sont de la proportion la plus élég-ante existant dans l’antiquité égyptienne; elles ont sept g*rands modules ou diamètres de hauteur, et la diminution du fût est d’un quart. Le chapiteau se compose d’un g'roupe de quatre boutons de lotus tron-

(I) Lc{)sius, t. T, |)l. ;i8 et CO.

qués et surmontés d’un tailloir carré. Les tiges formant le fût sont liées à leur sommet par cinq annelets représentant des bandelettes sacrées dont les bouts retombent entre les tiges.

Les colonnes en faisceaux à huit tiges apparaissent, peu de temps après celles que nous venons de décrire, dans le célèbre labyrinthe du nome Arsinoïte. Celles-ci, taillées dans un seul bloc de granit, sont d’une exécution parfaite. Le chapiteau est composé de huit boutons de lotus; les bandelettes forment cinq annelets, comme dans les colonnes précédentes, et les intervalles des tiges et des boutons sont ornés d’écharpes frangées. La colonne s’arrondit en forme de culot à son extrémité inférieure et pose sur une espèce de base. Enfin de larges feuilles décorent la naissance des tigres et des boutons. La hauteur de la colonne, y compris la base, est de cinq diamètres et demi; sa diminution est d’un peu plus d’un cinquième. L’architrave a très-précisément un module ou diamètre de hauteur, proportion que nous avons déjà trouvée dans les plus anciens tombeaux de Memphis.

Tels sont les plus anciens ordres d’architecture respectés par le temps en Egypte, et appartenant à la première époque, c’est-à-dire à des monuments érigés avant le déluge des Chaldéens.

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