CHAPITRE VIII
colonnes monolilhes en granit (1) et des architraves sur lesquelles sont gravés les noms de deux rois de la xiiP dynastie.
En résumé, nous comptons depuis l’avénement de Lacharès jusqu’au dernier roi, dont le nom a été trouvé dans les ruines, environ trois cent cinquante ans.
Le plan des ruines du labyrinthe, proprement dit, présente une disposition en forme de fer à cheval; la pyramide, située du eôté ouvert, est environnée d’une vaste nécropole qui s’étend au loin vers le nord. Elle est construite en briques crues ou cuites au soleil. Avec son revêtement, qui a entièrement disparu, elle devait approcher des dimensions indiquées par Hérodote et par Strabon (2).
Quant aux bâtiments eomposant le labyrinthe, les ruines dépassent de beaucoup l’étendue qui leur est assigaiée par les historiens, à moins qu’ils ne l’aient appliquée à l’esplanade intérieure. Selon Diodore, « le palais était entouré de eolonnes au nombre de quarante sur chaque côté, et chacun de ces côtés avait un stade de longueur » . Une colonnade, composée de quarante colonnes de grandeur ordinaire, aurait en effet environ un stade de long’ueur. Or, ceei ne peut s’appliquer à l’extérieur, puisqu’il était fermé par un mur d’enceinte.
Dans le plan que nous avons établi, d’après les vestiges et les descriptions, il y a cent vingd colonnes sur les trois côtés de l’esplanade, ce qui donne en moyenne quarante pour chaque côté. Chacun des deux grands côtés a un peu plus d’un stade, et le petit côté un peu moins.
Strabon dit que l’édifice occupe plus d'un stade en tous sens. Cette mesure approximative, qui paraît se rapportera l’ensemble, est au-dessous de la vérité. Le labyrinthe, d’après les ruines, devait avoir au moins 327 mètres sur 300, ce qui donne bien en effet d’un staae en tous sens, mais sensiblement plus d’un stade.
Du temps de Pline, le labyrinthe avait déjà « été dégradé d’une manière étrang’e par les habitants d’Héracléopolis »; et les colonnes de granit, suivant cet auteur, avaient seules résisté aux outrages des siè-
(1) Ce sont celles que nous avons décrites à la fin du cliap. vi.
(2) 4 plèthres de longueur sur chaque côté, et 40 orgj'es de hauteur, c’est-à-dire 123™, 44 et 74“,0(i.
des et à la main des hommes. Il est fort remarquable que les colonnes retrouvées dans les ruines soient préeisément des colonnes de granit. Le temps et les hommes ayant continué jusqu’à nous leur action destructive, il ne reste rien des parties les plus importantes, telles que les temples, les salles hypostyles, etc. Les matériaux précieux ont naturellement été enlevés de préférence, et l’on retrouve seulement un g*rand nombre de cette multitude de ehambres dont parle Hérodote.
Il faut donc, pour restituer le plan, se eonformer à l’ensemble des deseriptions, que l’on peut résumer ainsi :
Le labyrinthe, destiné aux assemblées des députations politiques et relig-ieuses de chaque nome, était une ag*g*lomération de seize palais. Chaeun de ces palais était composé d’une grande salle d’assemblée, nommée aida, dont le plafond était soutenu par des colonnes, de salles secondaires, de galeries, et d’un grand nombre de ehambres.
Douze des salles d’assemblée, plus apparentes que les autres, étaient rang’ées sur une même ligne, six d’un côté, et six du côté opposé. On n’arrivait à ces salles qu’en traversant les autres parties des palais, qui tous ensemble contenaient quinze cents chambres, situées au-dessus d’un étage souterrain.
L’enceinte renfermait des temples à tous les dieux de l’Egypte, prineipalement le temple du Soleil auquel, selon l’opinion la plus générale, le labyrinthe était consacré.
Des escaliers de quatre-vingt-dix marches conduisaient sur les eouvertures en terrasse de l’édifice; et d’autres escaliers, probablement, à l’étage souterrain, qui, selon Hérodote, était une nécropole.
Les murailles étaient chargées d’une foule de figures gravées en ereux, et plusieurs salles ornées de eolonnes de porphyre ou de granit siénitique.
On y voyait aussi des statues de dieux et de rois, des sphinx, etc.
Des bâtiments, nommés le bas labyrinthe, contenaient sans doute les magasins et le service des vivres indispensables pour nourrir les députations pendant leur séjour.
Enfin, une pyramide de quarante orgyes de hauteur, ornée de grandes figures sculptées en creux, et servant de sépulture au fonda-