LIVRE II. — CHAPITRE VIII
leur du labyrinthe, formait le centre d’une vaste nécropole où dominaient un g-rand nombre de pyramides de quarante coudées, dont six placées à chacune des extrémités de la plate-forme.
Nous avons tâché, dans notre plan, en nous servant des parties existantes, de remplir toutes les conditions de ce prog’ramme. (Voyez le plan restauré, page 104-105).
RÉSUMÉ
Le labyrinthe termine admirablement cette g'rande période formant la première partie de Thistoire monumenlale de l’Ég^ypte. Il donne une haute idée de l’art ég-yptien à cette époque reculée, non-seulement par sa richesse et sa vaste étendue, mais encore par la beauté du travail et la justesse des proportions. L’Ég'ypte n’a rien produit de plus harmonieux que les colonnes de g'ranit renversées parmi les ruines de ce merveilleux édifice.
Cette antique période avait sans doute produit d’autres édifices importants, entre autres le temple de Phtha, à Memphis, dont les restes sont ensevelis sous les sables du désert. L’obélisque d’Héliopolis, âg'é de plus de cinquante siècles, est le témoig'nagme incontestable de l’existence d’un g-rand temple dans la ville du Soleil. L’obélisque, chez les Ég'yptiens, en effet, n’est qu’un membre d’un g*rand édifice, et l’on pourrait, jusqu’à un certain point, le comparer à ces ossements fossiles à l’aide desquels Cuvier reconstruisait un être antédiluvien tout entier. Il est donc présumable que la mag’nifique disposition qu’on admire dans les temples de Thèbes, improprement appelés palais, est traditionnelle, et remonte au moins au temps que nous venons de citer. Les colonnes cannelées, les colonnes en faisceaux apparaissent vers ce même temps avec toute la perfection qu’elles comportent; et les colonnes à chapiteau imitant la fleur de lotus épanouie paraissent avoir suivi de près les premières. Un tombeau de la nécropole de Memphis, empreint des traits caractéristiques de la plus haute antiquité, est orné d’un portique de cet ordre (1).
(1) Lepsius, t. I, pl. 27, Giseh, tombeau hémi-spéos, n° 81.