DES MAMMISI, DES PÉRIPTÈRES ET DES PSEUDODIPTÈRES
Pour bien comprendre certaines dispositions des édifices que nous allons analyser, il est indispensable, non pas d’entrer dans le dédale de la mytholog-ie ég’yptienne, mais d’avoir au moins quelques notions sommaires sur la génération des dieux.
« Ammon, roi des dieux, l’Etre suprême et primordial, est le point de départ de toutes les essences divines. Les autres dieux égyptiens ne sont que des formes de ce principe constituant considéré sous différents rapports pris isolément; ce ne sont que de pures abstractions du grand Etre. Ces formes secondaires, tertiaires, etc., établissent une chaîne non interrompue qui descend des cieux et se matérialise jusqu’aux incarnations, sur la terre et sous forme humaine. Le point de départ de la mythologie égyptienne est une Triade formée dAmmon, de la déesse Mouth, et de leur fils Khons. Cette Triade s’étant manifestée sur la terre passe successivement par une série de transformations et d’incarnations et se résout finalement en Osiris, Isis et Horus.
« Il existait dans toutes les villes un culte local. Les dieux s’étaient en quelque sorte partag’é l’Egypte, constituant ainsi une espèce de répartition féodale. Chaque ville avait son patron : Chnouphis régnait à Éléphantine, Pliré à Héliopolis, Phtha à Memphis, etc. Mais Ammon règne partout et occupe habituellement la droite des sanctuaires. Ce culte, pour ainsi dire exclusif dans chaque localité, ne produisait aucune haine entre les villes voisines, parce que chacune d’elles admettait dans son temple, et cela par un esprit de courtoisie très-bien calculé^ les divinités adorées dans les cantons limitrophes.