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LES GRANDS TEMPLES DE TMÈBES

Nous disions (livre I", chap. ii) : « Il ne faut point s’étonner du titre de dieux donné aux premiers souverains de l’Eg'ypte, car cette divinisation s’est perpétuée tant qu’a duré la relig*ion égyptienne. »

Une classe particulière de monuments à Thèbes, tous situés sur la rive g*auclie du Nil, a été la conséquence naturelle de cet ancien usag*e. Les g-rands conquérants, sans doute avec le prix des dépouilles des peuples vaincus et les tributs qui leur étaient imposés, ont élevé en leur propre bonneur des temples mag’niflques, ornés de leurs statues plus ou moins colossales, et dont les parois principales sont couvertes de tableaux représentant leurs victoires. Et tandis qu’il a fallu des siècles pour compléter le temple du Roi des dieux dont le plan, par conséquent, manque d’ensemble et d’barmonie, ceux des Pharaons divinisés ont été conçus d’un seul jet et leur exécution n’a pas dépassé la durée d’un règ'iie.

Le savant traducteur de l’inscription de Rosette, Letronne, qui a traité cette question, cite un manuscrit g’rec très-curieux : « Les papyrus du musée égyptien de Turin, dit- il, font mention des pastophores (ou porte- châsses) A' A7nénophis dans les Memnoina, quartier situé sur la rive g’auebe du Nil ; on ne peut g'uère douter qu’il ne s’agâsse de personnes exerçant des fonctions sacerdotales auprès de l’un des dieux auxquels \ Aménop)hium était consacré, c’est-à-dire du roi Aménopbis; d’où il résulte que l’édifice servait encore au culte, et l’on voit par ce seul exemple combien les monuments de Tbèbes ont souffert depuis l’époque romaine, puisqu’un si vaste édifice a disparu presque entièrement... On peut conjecturer que ce monument, comme ceux du même

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