‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 80 sur 296 · LIVRE III. — CHATMÏHE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHATMÏHE VIII

g’enre fondés par Rhamsès le Grand, Séthos I", et Rhamsès-Méiamoun, furent des temples que leur destination rattachait avec les tombes que chacun de ces rois avait fait creuser dans la montagme lihyque. Ces princes élevèrent donc en même temps des temples à quelque g*rande divinité, où ils étaient adorés eux-mêmes comme dieux parèdres, où leurs statues étaient placées, où leurs actions les plus mémorables et leurs exploits g’uerriers étaient reproduits par la sculpture, ce qui se voit en effet dans le Rhamesseium, dans l’édifice de Medinet-Abou, et ce qui se voyait aussi probablement dans l’Aménophium (1). »

Les inscriptions biérog*lypbiques confirment les papyrus g*recs. Voici la dédicace du prétendu 'palais de Kourna, fondé par Sétbos-Meiamoun, père de Rhamsès le Grand;

« Le roi Soleil stabiliteur de Justice (prénom du roi) a fait ces constructions en l’honneur de^oa père Amman, seigneur des trônes du monde, qui réside dans la divine demeure (2) du fils du Soleil, Séthos Meiamoun, à Tbèbes, sur la rive g’aucbe ; il (le roi) a fait cet édifice pour un g’rand nombre d’années, en pierre de g'rès blanche et bonne, et un sanctuaire pour le Seigneur des dieux. »

Ghampollion ajoute : (( Cet édifice rappelle par toutes ses décorations la demeure sainte d’une divinité (3). »

(( Le monument que la Commission d’Eg'ypte a appelé le tombeau d' Osymandias portait (d’après une inscription biérog*lypbique) le nom de Rhamesseum, parce que c’était à la munificence de Rhamsès le Grand que Tbèbes en était redevable (4). » C’est parmi les temples du même g-enre celui que le temps a le plus épargaié. M. Lepsius y a entrepris des fouilles qui ont permis d’en faire une restauration exacte et complète (5).

Mais le plus g*rand, le plus intéressant des édifices de cet ordre, en ce qu’il a été entièrement construit à la meilleure époque de l’art

(1) Mémoires de F Acad, des Inscr. et Belles-lettres , 2*^ série, t. IX, p. 332 à 334.

(2) Divine demeure est sjnonyiiie de temple, selon Ghampollion, Gram., p, 07.

(3) Lettres d’Èyypte, p. 380.

(4) Ibid., p. 200.

(5) Voyez : Thébes [Memnonin), n® part., t. II, pl. 88, 89.

ég-yptien, c’est-à-dire au milieu du xviii'’ siècle avant notre ère, est celui que les Grecs ont appelé le Memnonium, et que Ghampollion a plus judicieusement nommé \ Aménoithium , parce qu’il a été érig’é par Aménophis III. Nous donnons un essai de restauration de cet important monument d’après ses vestig’es et surtout par analog*ie.

En voici d’abord la description :

Dans le quartier de Thèbes que les Grecs appelaient les Memnonia, au milieu de la plaine et parallèlement au cours du Nil, s’élèvent deux statues monolithes de près de vingd mètres de hauteur. « Ces deux eolosses, dit Ghampollion, décoraient, suivant toute apparence, la façade extérieure du principal pylône de l’Aménophium. Ges statues sont assises cliacune sur un trône et on lit sur le dossier une inscription constatant que le roi Aménophis III «. a érig“é ces constructions « en l’honneur de son père Ammon, etc. » Lesfîg'ures accessoires formant la partie antérieure du trône de chaque colosse sont des fîg*ures de femme debout, sculptées dans la masse même et n’ayant pas moins de quinze pieds de haut. Les inscriptions hiérog’lyphiques g-ravées sur ces statues, formant en quelque sorte les pieds antérieurs du trône, nous apprennent que la fîg’ure de g’auche représente une reine ég*yptienne, la mère du roi, et la fig’ure de droite la reine épouse du même Pharaon (I). »

Écoutons maintenant les auteurs de la Description de l'Égypte:

« Si, à partir des colosses, on s’avance à l’ouest-nord-ouest, on trouve, à la distance de cent mètres environ, les débris de cjuatre statues colossales. Le frag-ment le plus considérable est celui qui se trouve le plus au midi. Il est à g-auche d’une lig-ne qui passerait au milieu de l’intervalle des deux colosses (2). Il a onze mètres de longueur; il est formé de g'rès siliceux. On est porté à croire par la situation de ces débris que les quatre statues étaient érig’ées sur une même lig-ne et ornaient un édihce dont il ne reste plus de vestig-es. 11 en était proba-

(1) Lettres d’Eyyptc , ]j. 308.

(2) Voyez le plan topot;Taplii(|ue, pl. 19, A, vol. II; ce plan indi({ue seulement trois colosses dont deux , à droite de l’axe, sont placés de telle sorte qu’il est permis de les supposer séparés par un mui’.

Page 1