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CHAPITRE III

cendants naturels, mais à ceux qui avaient rendu les plus g*rands services au peuple, soi! que les hommes invitassent, par cette institution, les rois qu’ils se donnaient à ne s’occuper que du bien de la société, soit que leurs livres sacrés leur en eussent fait un précepte (1).

« Le premier qui régna en Egypte se nommait Phtha; il avait découvert l’usage du feu, et, parce bienfait, mérité l’empire (2).

« La nourriture des Égyptiens, dans les temps les plus reculés, consistait en herbages, etc.; mais, dans leur seconde manière de vivre, ils se nourrissaient des poissons que le fleuve leur fournissait en abondance, et qu’ils recueillaient surtout à cette époque où, après sa crue, les eaux se retirant, il laisse à sec le terrain qu’il a inondé. Bientôt ils imaginèrent de dévorer la chair des animaux et de se servir de leur peau pour vêtement, enbn de se construire des habitations avec les tig’es des joncs. On trouve même encore, ajoute Diodore, des traces de ce dernier usage chez les bergers égyptiens, qui tous disent n’avoir jamais eu jusqu’ici d’autres demeures que des cabanes de roseaux (3). »

Dans un pays où les choses cbang’ent peu, principalement sur les rives du haut Nil, dans la Nubie supérieure, où, la civilisation moderne n’ayant pas pénétré, beaucoup d’usag’es antiques se sont conservés jusqu’à nos jours, on peut se faire, par analogie, une idée assez exacte de ce qu’étaient les premières habitations des Égyptiens.

En remontant le Nil de Sennâr à Singué, point le plus reculé vers le sud auquel les Européens soient parvenus dans cette partie du globe, dans une étendue de cent lieues de longueur, « les habitations consistent en cabanes circulaires, recouvertes de chaume, et de forme conique » (4). Cette forme, étant la plus simple et la plus facile à construire, se sera sans doute conservée par tradition, ainsi que beaucoup d’autres usages anciens.

Dans la partie la plus méridionale, le pays produisant abondamment

(1) Diodore de Sic., liv. I, cliap. xmi.

(2) Diodore de Sic. (liv. I, cliap. xiii), d’accord avec Manéthon.

(3) Diodore de Sic., liv. I, cliap. xliii.

(4) Voyage à Méroé , par Cailliaud. Voir vol. I, pl. de i ;'i viii incl., et vol. IT, pl. lvi, fig. 1 et 2.

une espèce de bambou, on en fait des cloisons cylindriques; dans le Seniiâr, les murs circulaires sont en limon du Nil (1). Les cabanes de joncs et de roseaux, dont parle Diodore, devaient être fort analogues à celles-ci, et nécessairement coniques, forme qui résulte du mode de construction donné naturellement par ces matériaux.

Telles étaient évidemment les premières demeures des Egyptiens. Mais ceci ne fait point les affaires des esprits systématiques. On est parti de ce principe : que «les hommes furent, en raison de leurs positions variées, ou pasteurs, ou agriculteurs, ou chasseurs; et dans cette dernière classe se trouve comprise celle des ichthyophages (2) ».

C’est chose convenue que les peuples pasteurs habitaient des tentes, les agriculteurs des cabanes, les chasseurs des grottes. On en conclut que, « de même que ces principes divers ont suggéré aux hommes des demeures d’une nature très-différente, de même ces primitives demeures ont sug’géré à l’art des imitations d’une espèce très-variée (3) I) .

Les Indiens et les Egyptiens étaient, bien entendu, originairement chasseurs et ichthyophages.

Appliquant ces théories, on a dit que « les temples de l’Inde et de la Nubie ont les plus grands rapports avec les antres des peuples troglodytes (4) » . On soutient, d’autre part, que « Limitation des souterrains se lit sur toutes les formes de l’architecture indienne. Et on trouve dans tous les édifices de l’Egypte, dans leur ensemble et dans tous leurs détails, une conformité parfaite avec le g’oùt et le genre des souterrains tb) •

Tout cela est fort ingénieux sans doute; seulement, c’est tout l’opposé de la vérité.

Nous avons vu ce qu’il en est pour les monuments de l’Inde. Or, les Égyptiens élevaient des pyramides longtemps avant de creuser des

(1) Cailliaud, Vot/. à Méroé.

(2) de Qiiiiicy, de l’Areh. éyijpt., p. lo.

(,3j Ibid., [>. 17.

(I) Batissier, lUd. de l'art mon., avant-propos.

(o) Quatreinère de (Jiiincy, de l’Archit. éyi/pt., p. 18 et 19.

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