CHAPITRE VIII
blement ainsi de la statue de Memnon et du colosse du sud (c’est-àdire des statues d’Aménophisb ils étaient placés devant quelque construction maintenant ruinée.
« En s’avançant toujours dans la même direction^ jusqu’à cent cinq mètres de distance, on trouve les restes de deux autres statues mutilées. Elles sont de pierre calcaire compacte, et distantes l’une de l’autre de dix mètres^ suivant le plan. Ces débris sont ég’alement disposés sur une lig’ne à peu près parallèle à la face des deux colosses du nord et du sud; mais, comme ils sont placés à g’auche de l’axe dont nous avons parlé, il y a lieu de croire que sur la même lig-ne se trouvaient autrefois deux autres colosses semblables et disposés symétriquement en avant de constructions qui ne substituent plus. »
« A cent soixante mètres plus loin se trouvent deu.v blocs énormes de g-rès brèche (1). » Selon Gbampollion « ces deux blocs sont les dossiers des siég’es de deux statues colossales renversées et enfouies la face contre terre. Les tableaux sculptés sur ces masses nous montrent toujours le roi Aménophis-Memnon accompag*né ici de la reine Taïa, son épouse (2). »
Ces deux statues ornaient probablement une entrée de la g’rande enceinte qui, comme à Denderab, se rattachait au pylône principal.
Mais plus loin, c’est-à-dire, selon nous, au-delà de cette g*rande enceinte, sont encore des ruines considérables.
En effet, selon les auteurs de la Description de t Égypte i « A la suite de ces blocs énormes de grès brèche, en s’écartant un peu vers le nord, et à la distance de soixante-onze mètres, on trouve les restes de trois rang’ées de colonnes qui sont maintenant au niveau du sol. Elles ont deux mètres et demi de diamètre. Deux statues colossales dans Faction de marcher sont renversées dans l’espace occupé par les colonnes (3). A vingd mètres vers le sud, on trouve un trône de statue assise, et, à quarante mètres vers l’ouest, on aperçoit les restes de deux autres statues assises, en g-ranit roug*e, autour desquelles sont beaucoup d’autres
(1) jDescr. de l’Égypte, t. II, p. 179, 180.
(2) Lettres d’Égypte, p. 309.
(3) Voyez les plans topograpliiques.
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débris granitiques. De là, si l’on s’avance dans une direction faisant avec le méridien un ang’le de trente-six degrés jusqu’à la distance de trois cent douze mètres, on rencontre les restes de deux colosses dans l’action de marcher et pouvant avoir treize mètres de proportion. Ces statues indiquent qu’il existait, du côté du tombeau d’Osymandias (le Ramesseiumj, des cons tractions qui servaient cl avenue. » (Pag’e 183.)
Ces deux colosses « ornaient, selon Ghampollion, la porte latérale nord de TAménophium (1) ». Or, l’emplacement de cette porte présumée est à quatre cents mètres de l’axe du monument auquel elle aurait servi d’entrée latérale. 11 est bien plus probable que ces statues s’élevaient en tête d’une long*ue avenue de sphinx conduisant directement à l’édifice dont faisaient partie les trois rang’s de colonnes; et les lig’nes de cette avenue seraient parallèles à celle des rang’ées de colonnes, lesquelles, étant prolong*ées, ne coupent point à ang’le droit l’axe de l’Aménophium. Nous croyons donc qu’il a existé sur cette lig-ne transversale de quatre cents mètres de long-ueur, qui n’est point parallèle aux lig’nes de l’Aménophium, un édifice important, très-distinct du temple et d’une autre nature. Les neuf colonnes indiquées dans le plan topog’rapbique n’ont point la disposition ordinaire des g'rands pronaos ni celle des salles bypostyles. Cette disposition rappellerait plutôt les g’randes salles d’assemblée du palais d’Aménopbis à Abydos, ce qui nous porte à présumer que ce g’rand roi aurait eu aussi un palais à Thèbes.
Voulant avant tout donner une idée des plus g'rands temples ég'yptiens, nous avons principalement imité dans notre restauration la disposition du temple d’Ammon-g'énérateur, plus connu sous le nom de palais de Louqsor, lequel, ayant été érig’é par le fondateur del’Aménopliium, devait avoir plus d’analog’ie que tout autre avec cet immense édifice. Pour la partie antérieure, nous avons supposé que la façade et le premier péristyle, ajoutés par Rhamsès le Grand aux constructions d’Aménopbis à Louqsor, étaient une imitation, sur une plus petite échelle, du g’rand Aménophium des Memnonia. On en peut dire autant de la manière dont sont placées les deux statues au fond du second péristyle du Ramesseium.
(I) Lettres d’Éyjjvte, i>. 3tl.
Fig-. 31.
Restauration du Meninoniuin, à Thèbes.