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LIVRE IV

ÉTRUBJE. - L’ORDRE TOSCAN.

INTRODUCÏION.

En passant immédiatement de FÉg’ypte en Étrurie, nous ne prétendons pas trancher la question d’ancienneté entre la Grèce et l’Etrurie; mais aucun vestig’e des premiers temples d’ordre dorique n’existant plus en Grèce, nous avons pensé que nous trouverions mieux chez les colonies italiques les éléments primitifs de cet ordre d’architecture.

L’ordre toscan, en effet, tel qu’il a été décrit par Vitruve, n’est pas, comme l’a dit un célèbre antiquaire, « une tradition plus ou moins affaiblie de l’ordonnance et du système dorique (1) il en serait plutôt, suivant nous, la naïve ébauche, le premier essai. C’est aussi, jusqu’à un certain point, le prototype du dorique romain. Il est rationnel surtout de commencer par l’étude de l’ordre toscan, à cause de son entablement de bois, afin de vérifier si l’ordonnance dorique tout entière dérive, ainsi qu’on l’a dit, de ce g’enre de construction.

« Les Étrusques, qui, dans beaucoup de parties des arts d’imitation, semblent être restés stationnaires, paraissent aussi avoir conservé dans leur architecture, avec une fidélité dont leurs rites relig’ieux pourraient peut-être rendre raison, les pratiques et les errements des premiers âg-es. L’art se serait-il donc arrêté en Etrurie à ce point d’où

(1) Quatrenière de Quincy, Dict. d’archit., au mot Étrusque.

partit en Grèce le développement auquel plus d’une cause politique aurait empêché les Etrusques d’arriver? C’est ce que les faits seuls de l’histoire pourraient rendre très-probahle.

« En effet, l’indépendance et la puissance de ce pays cessèrent d’exister à une époque correspondante à celle qui vit se former en Grèce tous les g*enres de perfection dans les arts, perfection dont les effets avaient été aussi fort long’lemps à se développer. Deux siècles de g’uerre opiniâtre préludèrent à la destruction du royaume des Étrusques. Voilà sans doute pourquoi tout ce qu’on trouve d’ouvrag’es d’un travail notoirement étrusque ne correspond g’uère, quant au mérite imitatif, quant à la perfection de la manière et du g’oùt, qu’à ceux qu’on appelle de l’ancienne manière g’recque (1). »

Le plus ancien style étrusque paraît avoir été directement importé par la colonie tyrrhénienne, un siècle environ avant la guerre de Troie, et s’être maintenu longtemps. Les preuves d’une influence asiatique sur la civilisation de l’Etrurie sont évidentes, surtout dans les ouvrages de la statuaire, de la peinture et de la céramique des Tyrrhéniens. Les sujets représentés sur les ustensiles et dans les tombeaux sont, en général, empruntés à la mythologie assyro-phénicienne.

Les analogies que l’on remarque entre certains tombeaux étrusques et ceux de l’Egypte semblent, dit-on, n’être qu’un reflet des emprunts faits par les peuples asiatiques. Cependant, un tombeau de Tarquinies, dont le plafond construit à l’égyptienne est soutenu par des piliers octogones, a beaucoup d’analogie avec les hypogées de Benibassan, et les plans des temples toscans ne peuvent être que directement empruntés à l’Égypte.

« Dès le viU ou le viiU siècle avant notre ère, les pirates de l’Étrurie, déjà maîtres des g’olfes de Naples et de Salerne, qu’ils gardaient tous deux du haut des rochers de Sorrente, où dominait la Minerve étrusque, envoyaient leurs longues galères armées d’éperons et de g’rappins jusque dans la mer d’Ionie (2). »

(1) Quatremôi'c de Quiiicy, TJict. d’urchit., au mot Étrusque.

(2) Stace , Sy/u., liv. III, 2.

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