‹ Histoire et travaux de la Délégation en Perse du Ministère de l'instructionChapitre 9 sur 27 · L'Ararat, vue prise au couchant dusoleil · texte numérisé non relu

L'Ararat, vue prise au couchant dusoleil

On peut juger par cette longue liste combien le peintre attaché a bénéficié de son voyage. L'œuvre de G. Bondoux est considérable, mais elle ne comprend encore qu'une partie de la Perse ; il serait du plus haut intérêt de pouvoir la continuer.

Les sites antiques de la Perside offriraient cent motifs pour des fresques garnissant les trois panneaux de notre salle qui demeurent vides. Les confins de la Mésopotamie, Ktésiphon, Bagdad môme et la Chaldée feraient l'objet d'une seconde exploration artistique.

Au-dessus de la porte d'entrée de la salle se trouve une grande carte des pays chaldéo-persans, œuvre du peintre décorateur si connu M. Jambon et de G. Bondoux. Cette carte qui comprend la Chaldée, l'Assyrie, TElam, la Perside etlaMédie, montre

114 HISTOIRE De LA DÉLÉGATION EN PERSE

la position des principales villes antiques de ces régions ; j'ai pensé qu'il serait utile pour le visiteur d'y pouvoir jeter les yeux tout en examinant les collections. Il est peu de personnes, en eflfet, qui possèdent sur ces pays des notions géographiques assez précises pour être à môme de placer de mémoire sur la carte le site des villes dont les noms reviennent à chaque instant dans les annales de rOrient.

Ainsi le visiteur, grâce aux étiquettes explicatives accompagnant chacun des objets, grâce à la carte des régions d'où ils proviennent, grâce aux vues de ces mêmes pays, se trouvera entouré de tous les éléments d'instruction qu'il est possible de lui fournir. J'espère qu'il me pardonnera d'être sorti de la routine et de lui présenter autre chose que ces expositions banales inspirées de celles qu'au xvni® siècle on visitait au « Cabinet du Roy ».

Les Collections de la Délégation.

Lorsqu'en 1902 j'eus terminé , au Grand Palaiô des Champs-Elysées, Texposition provisoire des collections rapportées j usqu*alors par la Délégation , ces collections furent portées au Musée du Louvre. Les principaux momuments prirent place dans les galeries assyrienne et chaldéenne, et la majeure partie des objets, entra dans la galerie dite de Delphes, transformée pour l'occasion en magasin.

Ce dépôt, comme de juste, n'était encore que provisoire, car peu de pièces étaient visibles au public, et la façon dont elles se trouvaient disséminées empochait qu'on s'en fît une idée d'ensemble. L'élamite disparaissait au milieu de l'assyrien, du chaldéen, voire même de Tachéménide.

Mais tel n'était pas le but que se proposaient le Ministère de l'Instruction publique, et la Direction du Louvre. On devait réunir, le plus tôt possible , les collections de Suse en une salle afin que le public fût à même de juger des résultats obtenus par la Délégation.

Cette salle que M. Redon, architecte du palais, mettait en état, en 1902, se trouve située dans la partie du Palais qui borde le Seine, vers l'entrée de la place du Carrousel ; elle avait deux entrées. Tune sur la place, l'autre sous les guichets, se

composait d'une galerie principale et d'un vaste retour d'angle équivalant au tiers environ de la surface totale.

L'ensemble était suffisant pour Texpositîon des collections susiennes, telles qu'elles sont en 1905; mais il fallait compter sur les découvertes de chaque année, et bientôt elles eussent été combles. MM. Liard, directeur de l'Enseignement supérieur, Roujon, directeur des beaux-arts, et Kaempfen, directeur des Musées Nationaux, qui ont témoigné la plus grande bienveillance envers nos travaux, m'avaient assuré que cette salle serait réservée pour nos collections, et je repartis pour la Perse confiant dans la parole de ces hommes émi-

ments.

Malheureusement, pour des raisons dans lesquelles je n'ai pas à entrer ici, ce plan ne put être suivi et quand, au mois de juin 1904, je revins d'Orient, un tiers de notre salle avait été employé pour l'installation de monuments étrangers à l'Elam et à laChaldée. Nous avons dû nous contenter de ce qui restait, exposer sans suite et sans méthode, plaçant les monuments dételle sorte que le public puisse circuler sans trop de difficulté. J'ai dû restreindre les collections, et sacrifier bon nombre de reproductions d'un grand intérêt, mais, qui ne trouvaient pas les dégagements nécessaires.

Je sais bien que nos installations ne sont encore que provisoires ; mais ce provisoire durera peut-être vingt, trente ans ou plus: car il ne s'agit rien moins que de refondre toutes les salles du Liouvre ayant rapport à Tachéménide, à l'assyrien, au chaldéen et à Télamite et de donner à toutes ces

précieuses collections une classification rationnelle. D*ici là, nous aurons grand'peine à montrer au public ce que chaque année nous découvrons en Perse.

Dans les pages qui suivent, je signale au visiteur les monuments principaux dont je lui recommande Texamen. Il eût été fastidieux d'énumérer tous les objets de nos collections. D'ailleurs chacun des objets portant une étiquette explicative, le catalogue détaillé n'aurait plus d'utilité.

Page 1