‹ Histoire étrange d'une fille du mondeChapitre 11 sur 47 · UN DUEL MYSTÉRIEUX · texte numérisé non relu

UN DUEL MYSTÉRIEUX

^ ENEViÈVE ne s'accoutumait pas à l'idée de sa ;^^ déchéance, mais elle n'avait plus le courage de remonter. Comme ces arbres longtemps battus par les vents, elle restait courbée sur l'abîme.

Et une fois courbée sur l'abîme, le vertige la prenait.

Elle était née avec le sentiment de la vertu, mais elle avait vu partout combien la vertu est fragile. Son père et sa mère, certes, n'avaient pas prêché d'exemple devant elle ; ses anciennes amies qu'elle retrouvait à Paris étaient mal mariées ou s'étaient jetées dans les folies, comme M^'®* de Vertpré ; hormis elle-même, qui donc la retenait à son devoir?

Fatalement elle devait tomber, à moins que

Dieu ne la prit pour lui et ne l'emprisonnât dans un couvent. Mais Geneviève se sentait trop vivante. Elle avait respiré je ne sais quelles vagues émanations de l'amour qui l'enivraient et qui devaient l'entraîner.

Tout en se sentant presque perdue, elle avait defières révoltes contre elle-même; mais elle avait beau rebrousser chemin, elle finissait par marcher en toute hâte à sa perte.

Ce fut à ce point qu'un matin, vers deux heures, un des jeunes gens qui la rencontraient chez ces demoiselles de Vertpré, M. d'Angerville, la décida à l'accompagner chez lui. C'était sous le prétexte menteur de lui montrer le portrait de M"^ de la Vallière qui lui ressemblait à s'y méprendre.

Quand elle fut là, elle regarda le portrait comme si elle ne fût venue que pour cela.

— Oui, dit-elle, si j'étais plus belle je ressemblerais à ce portrait.

— "Vous êtes tout aussi belle, dit M. d'Angerville. Vrai morceau de roi. Je ne demande qu'à être Louis XIV.

Geneviève jouait alors avec un poignard ancien qu'elle avait pris à la cheminée.

— Oui," reprit-elle en le menaçant du poignard,

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mais je ne suis pas La Vallière et vous n'êtes pas Louis XIV.

Après quelques minutes de flatteries, le jeune homme démasqua brutalement sa passion. C'était la passion sans amour.

Elle s'indigna bien naturellement, puisqu'elle s'indignait non-seulement contre lui, mais contre elle-même. Mais il croyait que c'était un jeu et ne voulait pas être joué. Il se jeta violemment sur Geneviève, comme sur une proie...

Ce fut comme une ville prise d'assaut, avec les colères heureuses du vainqueur et les humiliations mortelles du vaincu.

M. d'Angerville s'imaginait qu'une fois maitre de la place, le charmant sourire de Geneviève allait revenir sur sa figure.

Mais elle avait la pâleur d'une morte ; il semblait qu'elle eût subi la tempête et la foudre. Elle ne pouvait porter sa honte qai l'écrasait.

C'est en vain qu'il lui parla, elle était atterrée et muette. Il prit un air railleur comme un homme qui ne s'imagine pas avoir commis un grand crime, ni surtout être le premier à le commettre.

— N'est-ce pas, lui dit-il, que nous sommes maintenant de bons amis?

— Je vous hais! je vous hais! je vous hais! lui répondit-elle.

— Ah ! pardieu ! s'écria-t-il, voilà qui est trop fort! Elles sont toutes comme ça! c'est le charlatanisme de la vertu.

Il prit froidement dans son porte-monnaie un billet de cinq cents francs et se rapprocha de Geneviève.

— Voilà, reprit-il, qui va vous faire plus gracieuse.

Elle le regarda du regard le plus méprisant dont une femme ait jamais frappé un homme.

Et lui, il ne comprit pas toute la douleur de cette âme blessée... Et il souffleta Geneviève avec le billet de cinq cents francs...

Elle était sur le canapé. Elle se leva terrible, furieuse, menaçante.

M. d'Angerville éclata de rire. C'était comme un défi. Alors cette jeune fille, jusque-là si douce et si indolente, se tourna vers la cheminée, saisit le poignard et en frappa le jeune homme.

Ceci se fit en quelques secondes. Il poussa un cri et tomba...

Celle qui mourait sous l'humiliation éclata de rire à son tour, un rire forcé comme celui de M. d'Angerville.

a son baï costumé.

— Adieu, dit-elle, nous ne sommes pas encore quittes !

Et elle s'en alla sans vouloir fuir, mais parce qu'elle ne voulait pas rester dans cette maison maudite.

Le lendemain, M. d'Angerville dit à tous ses amis inquiets autour de son lit qu'il avait eu un duel mystérieux. On le crut en danger : il ne fit que deux mois après sa réapparition au club.

Duel mystérieux, en effet. Le plus blessé, ce n'était pas lui !

MADEMOISELLE VINGTANS.

S^„ N dansait chez M"^ Vinstans. Vous me direz que ce nom-là ne se trouve pas dans le calendrier grégorien. Je n'ai pas vérifié, mais nous avons depuis longtemps déjà un autre calendrier qui a ses pécheresses et ses martyres, sinon ses saintes. C'est un calendrier écrit par M. de Cupidon à la Maison-d'Or, quand il est déguisé en fils de famille s'enivrant avec les demoiselles.

C'était par antiphrase qu'on avait baptisé la dame en question de ce nom charmant, M""^ Vingtans.

Elle était déjà à sa seconde jeunesse, mais elle persistait à dire à tout propos :

— Quand on a vingt ans, comme moi, quand on est quasi majeure, il faut songer au lendemain.

Si bien qu'on ne l'appelait plus que M"® Vingtans. Elle commençait à s'en offenser tout haut, mais elle s'habituait volontiers à avoir toujours vingt ans.

C'est la force de la femme de se croire belle et de se croire jeune. Elle ne saurait trop le dire autour d'elle; avoir des illusions sur soi, c'est en donner aux autres.

Or, M"" Vingtans, qui s'appelait tout bêtement Marie Lefloh, était une ambitieuse, arrivée à michemin. Elle avait constitué une commandite amoureuse qui lui donnait trois mille francs par mois. Quand on peut dépenser trois mille francs par mois, il est bien aisé de faire mille francs de dettes ; total : quatre mille francs que dépensait la princesse. Avec ces quatre mille francs, elle avait un coupé l'hiver, une Victoria l'été, un appartement aux Champs-Elysées, une mauvaise cuisine et des robes de toutes les paroisses. Je ne

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parle pas des bijoux récoltés çà et là, ni de son argent de poche, — pris dans la poche de ses amis.

Donc, elle menait un certain train, cette demoiselle ! Elle donnait à diner, elle donnait à danser, elle donnait à souper, je ne sais pas ce qu'elle ne donnait pas.

Les amoureux paraissaient effrayés de son luxe d'aventure ; aussi plus d'un faisait-il Charlemagne à ce jeu de l'amour en disant : « Pajera bien qui payera le dernier. »

C'est à peine si elle daignait s'apercevoir qu'un amoureux était parti ; elle disait gaiement, avec un air philosophique : Cela n'empêchera pas l'omnibus de la Bastille d'aller à la Madeleine.

M"^ Vingtans était fort à la mode à Paris et dans les Champs-Elj'sées, deux pays qui n'en font qu'un, mais qui pourtant sont fort dissemblables. Elle a sa légende comme toutes les filles célèbres. Voici ce qui lui est arrivé : Sa jeune sœur, dont elle prend souvent l'extrait de naissance, n'était peut-être pas née pour faire figure dans le demimonde. Mais M'*'' Vingtans est une entraîneuse qui ne connaît pas d'obstacles. Un jour qu'elle était invitée à une chasse à courre chez le comte *", elle amena sa sœur qui fut tout aussi

intrépide à poursuivre le cerf, qu'elle appelait la bête à cornes.

Mais il y eut des entr'actes à la chasse. On ne saurait trop qu'inventer pour perdre son temps.

Une après-midi , pendant que les chasseurs faisaient un tour dans le parc, M^^^ Yingtans se déshabilla et déshabilla sa sœur pour orner deux piédestaux qui n'avaient pas encore de statues. Naturellement il y avait des feuilles de vigne. Du reste, elles représentaient toutes les deux des figures de Diane, la chaste et fière chasseresse. Vous jugez pourtant de la surprise des chasseurs quand ils passèrent par là. Il parait qu"il n'y avait rien à dire, parce que cétait du marbre, suivant l'expression d'un de ces messieurs. M"® Vingtans savait bien où elle était. Elle ne se fût pas risquée ainsi sur la place de la Concorde.

Et qui est-ce qui dansait ce soir-là chez y[ne Vingtans? Oh! mon Dieu! quelques demoiselles de qualité et beaucoup de demoiselles de quantité; tout ce monde d'occasion qui aspire à jouer au demi-monde, quelques filles du Sacré- Cœur, tombées à leur première aventure dans le sacré cœur; dos comédiennes sans théâtre, des modistes qui changent de clientèle, des couturières qui trouvent plus simple de se faire faire

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des robes, en un mot toutes ces incroyables de la vie galante qui ont donné leur vertu pour un plat de lentilles parce que le plat était en argent. Il y avait là l'avant-garde et l'arrière-garde, les débutantes et les surannées, toutes plus ou moins peintes, pastels de la même farine, avec des yeux grands comme le monde, des grains de beauté, des gerbes de cheveux d'or, des bouches de carmin qui imprimeraient le baiser si on s'y hasardait ; mais vous savez que « dans le monde » ces demoiselles ne permettent point de pareils attentats. Et d'ailleurs, qui donc oserait toucher à ces « expressions » qui leur ont bien coûté vingt sous de blanc, de rouge et de noir : Prenez garde à la peinture!

On dansait depuis deux heures; le personnel des hommes était irréprochable. Tout le livre héraldique, la noblesse se retrouvait en champclos. Les bouquets de la bouquetière blonde des Champs-Elysées ne faisaient pas plus mal à la boutonnière que la croix de Saint-Louis des aïeux. Il faut que jeunesse se passe dans l'amour. Quiconque n'a pas été jeune ne devient pas un homme. Il peut devenir un admirable monstre de science comme Littré, mais il ne sera ni bon soldat, ni bon diplomate, ni bon ministre, parce qu'il

n'aura pas étudié les hommes par les femmes; parce qu'il ne voudra pas risquer sa vie sur un coup de dés.

Parmi les femmes les plus jeunes, il en était une qui s'adonnait follement à toutes les extravagances du quadrille, à tous les enivrements de la valse.

On n'avait jamais vu celle-là si gaie.

On s'étonnait de cet emportement, car depuis qu'elle était apparue dans le monde des hautes filles perdues, on l'appelait la Silencieuse.

Elle avait encore un autre nom de guerre.

Je n'ai pas vu ses cartes de visite. On m'a dit qu'elle ne prenait pas d'autre nom que celui de Geneviève. Mais on l'avait surnommée Geneviève d'Or pour ses cheveux, variations harmonieuses de la palette rajonnante de Giorgione ! D'où venait-elle? A cette question, elle répondait invariablement : « Je n'en sais rien. » Où allait-elle? Elle disait qu'elle le savait moins encore. Elle était blonde et blanche, ce qui est une beauté déjà; elle avait aussi la beauté des lignes, la beauté héraldique, le nez légèrement accusé, l'expression fière, le sourire dédaigneux, même quand elle souriait du cœur. Mais elle renfermait son cœur.

Il j avait à peine trois mois qu'elle apparaissait de loin en loin au milieu de ces demoiselles ; elle s'était hasardée une fois à Frascati par curiosité; tous les chasseurs de femmes s'étaient mis sur sa piste, ou plutôt à ses trousses ; mais elle ne se laissait pas prendre comme cela.

On supposait bien pourtant qu'elle n'allait pas ici et là pour faire son salut. La chronique scandaleuse racontait même qu'elle avait été l'héroïne de quelques aventures incroj-ables où les femmes ne sont plus que des créatures. Mais c'était une calomnie. Était-ce la question d'argent ou la question de la folie amoureuse qui la jetait dans le demi-monde ?

Quoi qu'il en soit, elle avait son rôle marqué dans la vie parisienne. Etait-elle de celles qui ne se relèvent pas parce que la chute est trop profonde? Les sources vives ne remontent pas le courant, même à force d'écluses, et pourtant, à première vue, on jugeait qu'il y avait là une femme et une âme.

Plus d'un et plus d'une l'avaient interrogée, mais elle avait renversé tous les points d'interrogation du bout de sa jolie bottine, comme si elle eût joué avec des capucins de cartes. Elle se donnait telle quelle, sans vouloir soulever la robe

de lin de sa jeunesse. Elle ne devait de compte qu'à elle-même, puisqu'elle seule était responsable de ses actions devant Dieu. Elle ne voulait pas s'humilier comme tant d'autres à confesser au premier venu ses péchés de la veille et ses vertus de l'avant-veille.

Ce qui charmait en elle de prime abord, c'était, comme j"ai dit, sa blancheur sous ses cheveux dorés. Les blondes sont presque toujours rosées, ou même rougies, ce qui leur donne l'air de bonnes pensionnaires en récréation. Aussi n'arriventelles jamais à la gravité de l'expression. C'est bien plutôt sur la blancheur du visage que se joue la gamme des sentiments, ce qui n'empêche pas les blondes colorées d "être jolies à leur moment. Geneviève d"Or était pâle sous sa toison d'or.

CELUI qu'on n'attend PAS.

N dansait le cotillon, quand un jeune homme, qui avait passé la soirée dans trois salons politiques à voir danser toutes les opinions, entra

comme un coup de tonnerre, tant on fit du bruit en le voyant. Il était très-attendu et on ne l'espérait plus.

C'était le jeune comte Horace de la Ferté, l'homme le plus aimé de ces dames.

Aussi tout le cotillon, après avoir poussé des liourrah ! courut à lui pour l'enchaîner dans le tourbillon. Il prit gaiement la chose et se mit tout de suite au diapason. Il fit un tour de valse avec chacune des femmes, sans même les voir ; le hasard lui donna Geneviève pour dernière valseuse, si bien que celle-là lui resta dans la main. . .

Il y eut pour tous les deux le choc inattendu de l'électricité magnétique, cet avant-coureur de l'amour.

Est-ce parce qu'il la trouva belle, est-ce parce qu'elle le trouva beau ?

Non, c'est parce qu'il y eut je ne sais quelle reconnaissance de leur âme ; ils furent sur le point de se dire tous les deux :

— Où vous ai-je donc vu ?

— Mais non, se dit à lui-même M. de la Ferté; j'ai cette bêtise de croire que j'ai déjà rencontré toutes les femmes qui sont belles.

Et fixant encore Geneviève d'Or.

— Non, non, dit-il, je n"ai jamais vu ces cheveux-là, c'est la vraie toison d'or.

Je ne sais ce que se dit Geneviève d'Or en regardant pour la seconde fois à la dérobée son triomphant valseur, qui était l'invincible pour toutes les femmes du salon, non-seulement parce qu'il avait répandu à propos quelques poignées de louis, mais encore parce qu'il se moquait joliment d'elles.

Horace trouva Geneviève si belle et si fière, même dans l'emportement du plaisir, qu'il lui dit brusquement :

— Eh ! que diable faites-vous ici ?

C'était le mot d'un homme d'esprit, directeur de théâtre, qui, entendant un jour lire une tragédie boursouflée de vers médiocres, salua tout à coup un beau vers qui passait en s'écriant : « Où diable celui-là va-t-il se nicher ? »

A cette question de M. Horace de la Ferté, Geneviève, qui comprit bien, le remercia par un regard rapide; mais, comme elle n'était pas là pour faire du sentiment, elle masqua son émotion et répondit d'un air distrait :

— Je fais comme toutes les autres, je m'amuse. Horace, qui ne vit pas l'émotion de Geneviève,

se laissa prendre à cette réponse.

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Il était sur le point de traiter avec elle de puissance à puissance, mais il jugea que ce n'était pas la peine. « Après tout, se dit-il à lui-même, j'ai toujours été dupe de mon cœur; celle-là ne vaut pas mieux qu'une autre, si ce n'est qu'elle est plus belle ; puisque aussi bien, ce soir, les Romains enlèvent les Sabines, j'enlèverai cette Sabine. »

Et il dit tout haut à Geneviève :

— Soupez-vous ici? — ou chez moi? — ou chez vous?

— Où il vous plaira, répondit la Silencieuse.

— Eh bien ! je vous trouve si belle que je voudrais que ce fût chez vous ; car ici on pourrait vous enlever, si je tourne la tête d'un autre côté; chez moi, j'aurais peur devons y emprisonner, tandis que chez vous...

— Tandis que chez moi... je vous vois venir... vous me quitterez comme les gens vertueux, pour aller voir lever l'aurore.

Comme Geneviève disait ces mots, M"® Vingtans frappa trois coups pour avertir ses convives qu'on allait passer dans la salle du souper.

— Après quoi, dit-elle, les hommes de bourse joueront au trente-et-quarante pour refaire les

femmes.

Geneviève et Horace étaient déjà dans l'antichambre qui décrochaient leurs manteaux.

— Eh bien ! non, dit tout à coup Geneviève en retournant vers le salon, j'aurais trop peur de mettre mon cœur sur la table si je soupais chez moi.

— Votre cœur ! exclama Horace. Vous croyez donc encore à ces bêtises-là.

— Je n'y croyais plus... j'étais comme la pendule qui est arrêtée, mais voilà qu'elle repart et qu'elle marque l'heure...

— Et qui a fait ce miracle ?

— C'est peut-être vous !

— Ah ! ah ! ah ! Est-ce que vous jouez la comédie au Théâtre-Français, mademoiselle?

— Non, je suis trop paresseuse.

Disant ces mots, Geneviève courut prendre une place au souper.

Pourquoi fuyait-elle ainsi Horace? Etait-ce pour jouer l'éternel jeu des femmes qui veulent être poursuivies ? Mon Dieu non, elle ne voulait pas faire de coquetterie. Elle obéissait à je ne sais quelle voix mystérieuse de sa destinée. Elle avait peur de cette passion soudaine comme d'un abîme ; dès le premier pas, Horace lui donnait le vertige.

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— C'est trop tard ou trop tôt, dit-elle en (Î^yorant une larme.

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