‹ Histoire étrange d'une fille du mondeChapitre 16 sur 47 · A MONSIEUR FRÉDÉRIC ORVINS, A MONTPELLIER · texte numérisé non relu

A MONSIEUR FRÉDÉRIC ORVINS, A MONTPELLIER

» Mon clier Frédéric,

» Va tout de suite chez ma mère, et dis-kii que » ce n'est pas ma faute si je reste quelques jours » de plus à Paris. Je suis comme le sous-lieute- » nant, accablé de besogne; tu vas en juger.

» D'abord j'ai commencé par être témoin d'un » duel absurde; une injure pour rire qui s'est » lavée au premier sang.

» Ensuite nous avons eu un diner de funérailles. » Gaston va se marier, nous avons chanté le De » profanais de sa vie de garçon. Hier, je voulais » partir; mais on m'a entraîné à la petite fête de » M"® Vingtans. La connais-tu? c'est une fille qui » fait argent de tout; je ne sais pas chez qui, ni » avec qui ; sa petite fête a bien coûté mille francs ; » mais elle s'est fièrement rattrapée en faisant la » banque au trente-et-quarante. Rien n'a manqué » à mon bonheur. J'ai dansé, j'ai soupe, j'ai joué » et j'ai été enlevé par M"" Jenesaispasqui. A » coup sûr, le vin de Champagne était d'une fabri- » que toute parisienne, car je me suis grisé comme

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» l'avant-dernier des Polonais; voilà pourquoi » ton ami, qui a des habitudes si vertueuses, s'est » réveillé au point du jour chez une demoiselle » qui sans doute n'était pas une rosière. Elle était » brune ou blonde, je n'en sais rien ; c'est à peine » si je me souviens qu'elle demeurait rue de » Ponthieu. Tout est triste après un feu d'arti- » fice : c'est la même histoire après ces aventures » amoureuses; mais rassure-toi, je crois que tout » à l'heure j'ai reconquis le ciel, sinon le prix » Monthyon.

» Ecoute bien cette histoire et m. dite-la en phi- » losophe. »

Or voici l'histoire qu'Horace joignait à sa lettre :

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