INTRODUCTION XVII
l'absorber, et le 7 mai ils fixaient à l,:2(i() millions le chilïVe dune troisième émission. La conséquence naturelle d'une pareille profusion de billets fut que leur dépréciation s'accentua, et qu'ils perdaient au mois d'avril plus de 50 0/0 sur le pair. Le Comité des iinances eut alors Tingénieuse idée de prétendre que la valeur des immeubles servant de gage aux assignats s'accroissait par cela même dans une égale proportion; il doubla l'estimation, très hypothétique d'ailleurs, donnée aux biens nationaux et il adressa à la Convention uu rapport destiné à faire croire au public que les domaines confisijués sur l'Église, les émigrés, etc., se vendraient le double de leur évaluation primitive. Il s'imagina aussi qu'on pouvait rétablir, par voie législative, le crédit de la monnaie de papier. Il proposa donc à la Convention et fit adopter par elle deux décrets, dont l'un édicta que tous les marchés de l'État seraient conclus en assignats et dont l'autre interdit aux citoyens, sous peine de six années de fers, de stipuler des achats, des échanges, des transactions quelconques autrement qu'en assignats, et de convenir de prix différents suivant qu'ils seraient payables en numéraire ou en papier. Bien entendu, le résultat de ces décrets fut tout autre que ne l'espérait le législateur: du moment qu'ils devaient être payés en assignats, les fournisseurs et entrepreneurs de l'État exigèrent des prix très élevés, et l'or et l'argent firent une prime d'autant l>lus forte que leur emploi était prohibé.
Que de perturbations dans les rapports économiques des citoyens entre eux, quelle diminution de la fortune publique, que d'atteintes aux fortunes privées causait cependant la baisse persistante des assignats ! On ne connaissait plus la valeur vraie des choses, les débiteurs do mauvaise foi se libéraient à bon compte, l'État ne touchait I)lus, sous forme d'impôts ou de paiement des biens nationaux antérieurement vendus, qu'une faible partie de ce qu'il aurait dû recevoir. En outre, la dépréciation des bil-
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