‹ Histoire financière de la Législative et de la ConventionChapitre 18 sur 77 · Malouet, Mém., II · texte numérisé non relu

Malouet, Mém., II

4. Beaucoup d'entre eux n'avaient été appelés à les remplir que parce qu'ils étaient ce qu'on appelait « hommes de loi ». Aussi, ramhassadcur de Suéde, frappé delà ditlVTcnce décomposition desdeu.\ lé^'islalures, mandait le fi octobre à (instave III : « L'Assemblée précédente renfermait dans son sein de grands talents, de grandes fortunes, de grands noms ; elle en imposait an peuple par cette réunion, malgré son aehar-

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ministrateur de départemenl ou de district, de procureur syndic, de maire ou d'officier municipal, de juge de paix, ou juge dans un tribunal de district. Mais, pour tous, l'exercice de ces fonctions était récent. Ils ne possédaient donc pas l'expérience des affaires, et cependant leur contact avec le corps électoral avait suffi pour leur apprendre combien il est nécessaire, à ceux qui briguent ses faveurs, de se montrer souples et dociles envers lui.

La nouvelle assemblée n'était pas encore réunie, que les hommes qui avaient pris la peine de suivre le mouvement éltx'toral savaient combien ses tendances seraient accentuées dans le sens révolutionnaire. « La prochaine législature, avait, dès le 16 septembre, écrit le comte de La Marck au. comte de Mercy, est décidément mal composée; on sait déjà que les trois quarts des nouveaux députés sont des hommes nuls et que les autres ne seront remarquables que par des opinions incendiaires'. » Mais, à la cour et dans les milieux royalistes, on était tout à la joie du départ des Constituants, ces adversaires de la veille, et l'on se refusait à admettre « que leurs successeurs seraient des ennemisbien plus violents et bien autrement redoutables-. »

Le roi et la reine avaient pourtant dû réfléchir à l'attitude qu'ils tiendraient. Quelle ligne de conduite entendaieut-ils suivre? Sans s'en rendre compte peut-être, leur plan était peu loyal, et, en tout cas, il était aussi dangereux que malhabile. 11 consistait à paraître voubnr régner conformément aux nouvelles lois constitutionnelles, afin de gagner le peuple par un semblant de bonne foi, mais à ne rien faire

neineut contre toute distinction personnelle. LAssemblée actuelle n'est presque que le conseil des avocats de toutes les villes et des villages de France. >> (Corresp. du baron de Siael-Holstein, 240;.

1. Corresp.. lll, 233. L'ambassadeur de Venise mandait de uiènie à son gouv.'rnement que l'on pouvait considérer les nouveaux législateurs comme " un corps entièrement dévoué à la démocratie, dont ils soutiendraient les principes avec lardeur de la jennesse ». {Corresp. des Atnbass. vénitiens, l, 339).

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