‹ Histoire financière de la Législative et de la ConventionChapitre 2 sur 77 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

gnats. Aussi ordonnèrent-ils au mois de décembre 1791, puis au mois d'avril et au mois de juillet 1792, trois créations d'assignats, portant chaque fois sur 300 millions. Parallèlement, ils relevèrent le maximum de la circulation du papier-monnaie. Le chiflre que les billets en circulation ne devaient pas dépasser avait été fixé à 1,300 millions par une loi du mois de septembre 1791; ils l'élevèrent successivement à 1,400 millions au mois de novembre, à 1,600 millions au mois de décembre, à 1,650 et à 1,700 millions au mois d'avril 1792, à 1,800 millions au mois de juin et à 2 milliards au mois de juillet.

A leurs yeux, le papier-monnaie était, pour ainsi dire, une mine inépuisable. Ils en conclurent qu'ils pouvaient dépenser sans compter, et cette conviction leur inspira une attitude agressive vis-à-vis des puissances étrangères.

La majorité des députés n'avait aucune confiance dans le roi et dans ses ministres. Elle était persuadée que Louis XVI n'avait pas accepté de bonne foi la constitution, ce qui était vrai, et qu'il était secrètement d'accord avec les émigrés et avec les princes de l'Empire Germanique pour faire envahir la France, ce qui était faux. Les Girondins spécialement considéraient que l'intérêt de leur parti exigeait que la France déclarât la guerre à l'Empire, parce que le roi, une fois la guerre déclarée, serait amené à leur confier le pouvoir. Ils espéraient, d'ailleurs, que nos armées auraient facilement raison des Électeurs de la vallée du Rhin, sur le territoire desquels s'étaient formés les rassemblements d'émigrés, que l'empereur Léopold, dont les tendances pacifiques étaient connues, ne les soutiendrait que faiblement, et que la Prusse observerait la neutralité. Pour toutes ces raisons, ils employèrent leur éloquence à presser sur le gouvernement, pour qu'il exigeât la dispersion descorps d'émigrés. Louis XVI et ses ministres se refusèrent pendant plusieurs mois à suivre cette politique arrogante, et peut-êtrej fussent-ils parvenus à inspirer plus de pru-

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