‹ Histoire financière de la Législative et de la ConventionChapitre 4 sur 77 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

sant de plus en plus les recettes, il arriverait un moment où le pays serait acculé à la banqueroute. N'y avait-il pas lieu, en effet, de s'inquiéter en voyant chaque mois la Caisse de l'Extraordinaire, organisme financier inventé par la Constituante pour recevoir le prix de vente des domaines nationaux et acquitter des paiements en assignats, dans l'obligation de fournir au Trésor des sommes plus ou moins fortes, pour qu'il put suffire à ses charges? Pendant les mois d'octobre, novembre et décembre 1791 le déficit accusé par celui-ci fut de 41, 32 et 36 millions. Pour les mois de janvier, février et mars 1792^ il représenta 42, 40 et 41 millions; pendant les mois d'avril, mai et juin, il ne fut pas inférieur à 47, 54 et 49 millions; enfin, en juillet, août et septembre, il s'éleva à 63, 116 et 145 millions. Une foule d'autres dépenses furent, d'ailleurs, imputées sur les ressources de la Caisse de l'Extraordinaire, par le seul motif qu'on n'aurait pas su comment les payer d'une autre manière; et parmi ces dépenses figurèrent soit des crédits ouverts au ministre de l'Intérieur, soit des subventions accordées à différentes villes sous le titre d'avances, quoiqu'on sût très bien qu'elles ne seraient jamais remboursées, en vue d'achats de grains pour la nourriture de leurs habitants.

La question des subsistances qui, dès le di'but de 1789, avait joué un rôle considérable dans les agitations populaire et qui, sous la Constituante, avait été une cause de troubles fréquents, prit en effet sous la Législative un degré tout particulier d'acuité. La récolte de 1791 avait été médiocre dans le Nord et mauvaise dans le Midi de la France. Les prix s'en ressentirent, ils subirent une hausse et dans certains départements, on craignit de manquer de vivres. Or, le peuple des campagnes était, à cette époque, borné et violent. En outre, il se sentait débarrassé de tout frein depuis la destruction de l'autorité royale et de la noblesse, et les administrations, soit municipales, soit départemen-

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