‹ Histoire financière de la Législative et de la ConventionChapitre 5 sur 77 · INTRODUCTION VIT · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VIT

taies, qui, d'ailleurs, partageaient souvent ses préjugés et ses passions, ne lui inspiraient ni r<'spect ni crainte. Il se mit donc en tète de s'opposer aux expéditions de grains que le commerce voulait diriger des provinces où ils étaient relativement abondants, dans celles où ils faisaient le plus défaut, et dans le Nord et l'Est du royaume des émeutes éclatèrent afin d'arrêter des convois de céréales. Il eu résulta une g-rando misère pour les populations méridionales, t't celles-ci. très impressionnables, très divisées d'opinion politique et religieuse, se soulevèrent en beaucoup d'endroits, se livrèrent au pillage et commirent, au printemps de 1792, des actes de véritable jacquerie. L'Assemblée Législative fut instruite de tous ces faits, mais elle nourrissait à l'égard du pouvoir exécutif une si grande défiance, quelle ne lui donna pas les moyens de les prévenir ou de les réprimer.

Elle aima mieux imputer ces désordres aux excitations du clergé réfractaire. Une fois parvenu au ministère^ Roland en fit de même remonter la responsabilité aux prêtres non assermentés, et une loi intervint, le 27 mai, qui condamna à la déportation tous ceux qui persisteraient à refuser le serment. Cette loi ne fut pas sanctionnée par Louis XVI. et le refus de sanction du r(U, ainsi que le renvoi des ministres (iirondins, amenèrent l'insurrection du 20 juin.

Tous ces •'•vénemenls étaient loin d'être favorables à la perception des impôts. Mais le désordre administratif compromettait encore plus les rentrées du Trésor. Un seul fait en donnera une idée : le 29 juin 1792, un mémoire du ministre des Finances informa la Chambre que les opérations préliminaires au recouvrement de la contribution foncière de 1791 n'étaient entièrement terminées que dans le seul département du Doubs, que, dans une soixantaine de dt'partemeuts, les rôles n'é'taieni achevés que dans la nioitii' environ des communes, et que dans vingt départements on avait à peine commencé à les dresser. Le ministre ajoutait

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