‹ Histoire financière de la Législative et de la ConventionChapitre 51 sur 77 · Séance du 31 décembre · texte numérisé non relu

Séance du 31 décembre

Mais ell<' sf'ra entrainéc à dt^s pfTorls qui la consumpront. Sa pupulalion sailaiblira par 1»^ nonibrc prodii;ieux d'hommes <|ue la guerre dévore, l'ajrricuiture manquera de bras, les ateliers seront abandonnés, vos trésors écoulés appelleront de nouveaux impi'its. » Le inême thème fut soutenu, quoique avec UKjins déloquenee, par Brissot, liuzot d autres (Girondins; mais il l'aul avouer qui- ces orateurs manquaient de logique, cai' s'il était vrai (|ue la condamnation de Louis XV'l dût entraîner tous les maux qu'ils prt'voyaient, ils auraient dû s'abstenir d'engager la Convention à prononcer contre cet infortuné monarque la peine de mort^, sauf à voir le peuple ne pas la confirmer par un vote.

Le second ordre d'arguments qu'ils invoquèrent consistait il dire que si la Convention repoussait l'appel au peuple et cédait ainsi à la pression des Montagnards, elle tomberait sous leur domination «'t vouerait ainsi la France au despotisme démagogique, dont les conséquences seraient lapert»' de la liberté, les excès de toutes sortes, la misère générale. -- Qui me garantira, s'écria Vergniaud dans son discours du .']1 décembre, que ces hommes qui s'efforcent continuellement d'avilir la Convention; qui proclament partout qu'une nouvelle révolution est nécessaire; qui font déclarer toile ou telle section on f'*tat d'insurrrctiou permanente ; qui disent à la Commune, que lorsque la Convention ;ï succédé à Louis, on n'a fait que changer de tyrans, et qu'il faut une autre journée du Dix août ; que ces mêmes hommes • lui ne parlent que de complots, de mort, de traîtres, de proscriptions; qui publient dans les assemblées de section et dans leurs écrits qu'il faut nommer un défenseur à la Uépublique, qu'il n'y a qu'un clief rjui puisse la sauver; qui me garaidira que ces mêmes hommes ne crieront pas après la mort de Louis XVI, avec la plus grande violence ; si le pain est cher, la cause en est dans la Convention ; si le rmméraire est rare, si nos armées sont mal approvisionnées, la cause en est dans la Convention; si la macliine du gou-

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vernement se traîne avec peine, la cause en est dans la Convention chargée de la diriger; si les calamités de la guerre se sont accrues par les déclarations de l'Angleterre et de l'Espagne, la cause en est dans la Convention, qui a provoqué ces déclarations par la condamnation précipitée de Louis? Qui me garantira qu'à ces cris séditieux de la turbulence anarchique, no viendront pas se rallier l'aristocratie avide de vengeance, la misère avide de changement, et jusqu'à la pitié que des préjugés invétérés auront excitée sur le sort de Louis? » Gensonné ne parlapas avec moins de netteté ' : « Il est temps que nous appelions l'attention de tous les bons citoyens sur les dangers dont la République est menacée. Il est temps de déchirer le voile et de prouver à l'Europe que nous ne voulons pas devenir les vils esclaves, les instruments passifs d'une faction usurpatrice des droits du peuple... Il existe un parti, il existe une faction qui veut évidemment attenter à la souveraineté du peuple et se rendre l'arbitre de sa destinée; qui se livre à la coupable ambition de dominer par la terreur la Convention nationale et par la Convention la République entière... Il est temps de la signaler à la nation; c'est elle qui régne aux Jacobins de Paris, et ses principaux chefs siègent parmi nous. Eh bien ! s'ils ne forment pas une faction dangereuse, je leur demanderai pourquoi ils s'opposent à ce que le peuple puisse enfin exercer ses droits? Pourquoi ne cessent-ils pas de déclamer contre la Convention nationale €t de provoquer des insurrections? Que veulent-ils donc? Quel étrange despotisme nous menace, et quelle espèce de gouvernement se propose-t-on de donner à la France? »

Lalutte étant ainsi engagée entre la Gironde et la Montagne, c'était pour la première une question capitale que d'enlever le vote relatif à la ratification populaire. Il semble qu'en manœuvrant bien les Girondins auraient dû l'emporter, car

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