ê HISTOIRE FINANCIÈRE
dans le département de THérault. C'est ce qui fut fait, et un décret ordonna l'envoi de l'arrêté dans tous les départements, afin qu'il servit de modèle à des arrêtés semblables.
Le Comité de salut public sempressa d'adresser aux autorités départementales ampliation du décret du 27 avril, et il y joignit une circulaire pour témoigner de la satisfaction avec laquelle la Convention avait approuvé rimpositioii révolutionnaire dont le département de l'Hérault avait pris l'initiative, ainsi que pour engager les représentants en mission « à seconder une grande mesure qui prouvera à l'Europe que les ressources des républicains sont inépuisables. » En outre, dans une instruction du 7 mai, le Comité^ après avoir recommandé aux commissaires de la Convention de presser la rentrée des contributions, les invita « à faire verser dans les caisses les sommes nécessaires au service par des emprunts civiques, en adressant des réquisitions directes et personnelles aux citoj^ens qui seraient en état de faire des avances au gouvernement '. » C'était livrer tous les habitants aisés aux appréciations discrétionnaires des représentants en mission.
Cette perspective n'était pas pour déplaire à Danton. Aussi, dès que le décret approbatif de l'arrêté du département de l'Hérault eût été rendu, il était monté à la tribune et avait tenu ce discours : « Si partout les mêmes mesures sont adoptées, la République est enfin sauvée. On ne traiteraplus d'agitateurs et d'anarchistes les amis ardents de la liberté On a cru que le peuple voulait la loi agraire. Cette
idée pourrait faire naître des soupçons sur les mesures adoptées par le département de l'Hérault. Sans doute, on empoisonnera ses intentions et ses arrêtés ; il a, dira-t-on, imposé les riches! Mais, citoyens, imposer les riches, c'est les servir. C'est un véritable avantage pour eux qu'un sacri^ ficc considérable; plus le sacrifice sera grand sur Tusu-