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Actes du Corn, de salut public, III, 582; IV

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fruit, plus le fonds de la propriélé est garanti contre l'en-

vahissemont des ennemis Ce (|u'a fait le département

de rilt'raulf. Paris et la France veulent le faire. Paris a un Iu\e et des richesses considérables. Kh bien, par ce décret, cette éponge va être presser, et par une singularilt' satisfaisante, il va se trouver que le peuple sauvera la liévulutiuu aux dépens de ses ennemis intérieurs. » Donc, d'après lopinion de Danton, ceux qu'il appelait les riches n'étaient dignes d'aucun ménagement, car ils étaient les adversaires avoués ou secrets de la Révolution et, en cette (jualilé, comuK^ on le disait autrefois des roturiers. « ils étaient taillables à merci '. »

La Commune de Paris partageait lavis de Danton. Le maire lui ayant raconté, à la séance du 2'> avril, (pie le Comité de salut public regardait « con^me très essentiel d'adopter les vues du département de l'Hérault », elle s'empressa donc d'y adhérer et elle envoya des commissaires dans toutes les sections, atin de les presser de s'y rallier à leur tour. Elle apprit, le lendemain, que la plupart d'entre elles avaient suivi ce conseil, et elle décida que son comit('> de correspondance écrirait aux cinq départements avoisinant celui de Paris, pour les engager à prendre des arrêtés qui bâtassent le recrutement et qui taxassent les riches. Puis, le 3 mai, la (Commune, forte de l'adhésion des sections et obéissant, en somme, aux suggestions de la Convention,

1. Les journaux révotutiouuaii'es (Jonnrn'iit naturelleiueut leur pleine approbation à l'arrêté du drpai'teuient de l'ili rault. » Depuis trop longtemps, imprima l'un d'eux, l>s riches s'isolent et se cachent. Ils font quelquefois des sacrifices qui o:it plus d'ostentation que de valeur, Cessons d'être leurs dupes, forcons-U's de contribuer de leurs personnes, mais surtout de leurs richesses qui nous seront plus utiles que leurs personnes. C'est bien le moins (jue ceux dont le sans-culotte carde la propriété concourent aux besoins d(! la U6|)ublique. Ces contributions forcées empêchfiont les riclms de prrdonger sourdein«;nt les troubles de l'anarchie, comme il est imlubilable que le font la pliq)arL d'entre eux; car plus les troubles dureront, plus la république éprouvera de besoins, plus elle fouillera dans leurs poches et c'est ce que ne voudront pas ces Messieurs. [Les rt' coin lions de P(iris, n» 199).

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adopta un arrêté dont voici les principales dispositions : « Il sera fait un emprunt de 12 millions ainsi qu'il suit : les comités révolutionnaires des sections feront ouvrir, dans ce jour, un registre pour recevoir les soumissions volontaires des citoyens. Ils expédieront, le troisième jour, des réquisitions à ceux des gens aisés qui n'auront pas fait de soumissions volontaires, et à ceux dont les soumissions seraient inférieures à leurs facultés; les réquisitions porteront sur le revenu net présumé, foncier, mobilier et industriel. Les comités révolutionnaires recevront les rôles des contributions pour leur servir de renseignements, sans qu'ilssoient tenus de les prendre pour bases ; ils auront soin de ne pas adresser de réquisitions aux citoyens que la notoriété publique désigne comme ne jouissant que d'un revenu suffisant au nécessaire. On considérera comme le nécessaire moyen pour un père de famille 1,.^J00 livres et, pour chacun des autres membres de la famille, 1,000 livres; le nécessaire une fois déduit, le surplus paiera : de 1,000 à 2,000 livres, 30 l.;de 2,000 à 3,000,50 l.,de 3,000 à 4,000,100 1. ; de 4,000 à 5,000, 300 1.; de 5,000 à 10,000, 1,0001.; de 10,000 à 15,000, 2,2501.; de 15,000 à 20,000, 5,000 1.; de 20,000 à 30,000, 10,000 1. ; de 30,000 à 40,000, 10,0001. ; de 40,000 à 50,000, 20,000 1.; au delà de 50,000, la totalité du surplus. Le premier tiers de la réquisition sera payable dans les 48 heures, le second tiers dans la quinzaine, le troisième tiers dans le mois. Les meubles et immeubles de ceux qui n'auront pas satisfait à la réquisition seront saisis et vendus et les récalcitrants seront considérés comme suspects. » Cette sanction que la Commune attachait de sa propre autorité à Texécution de son arrêté était terrible, car les suspects étaient exposés à être arrêtés arbitrairement et à être jetés en prison. Et cependant les citoyens les plus honnêtes, les plus scrupuleux étaient exposés à l'encourir, car la commune renommée, seule base de l'imposition, pouvait leur attribuer des revenus beaucoup plus éle-

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vés qu'ils ne l'étaient en réalité. Dans l'état de délabrement fj^énéral des aflairos, combien de propriétaires, de rentiers, de commerçants ne touchaient, d'ailleurs, ([u'une faible partie de ce qu'ils auraient dû recevoir et se trouvaient, par suite, dans l'impossibilité d'acquitter le contingent d'emprunt forcé mis à leur charge I Et dire que, malgré les erreurs probables de taxation, malgré l'exagération du tarif, aucune voie de secours n'étaitouverte aux contribuables ' !

Atteinte aussi gravement dans ses intérêts matériels, mécontente des arrêtés disparates adoptés par la Commune et par les différentes sections pour l'enrûlement des hommes de la nouvelle levée, menacée d'une disette d'un nouveau genre, celle de la viande, effrayée des projets sinistres que développaient ouvertement les orateurs des clubs et plusieurs membres de la Commune, la population parisienne sembla vouloir sortir de son habituelle torpeur. Les bourgeois, les propriétaires, les boutiquiers, beaucoup d'employés de l'administration, de commis de magasin et d'an-

1. Pour donner une idée des calculs fantaisistes auxquels l'envie et l'ignorance pouvaient conduire les comités révolutiounaires'dans leurs évaluations, nous citerons ce fait qu'à la séance du club des .Jacobins du II mai, Dellicux, Montagnard inlluent quoique banqueroutier, raconta que la section de Hon-Con;^eil avait dressé un état de la fortune de cent riches financiers et notaires de Paris, que cet état montait à 610 millions et qu'en imposant ces 100 capitalistes au dixième de leur fortune, ce qui était très modéré, on les forcerait .\ verser (U millions. Enthousiasmé à cette révélation d'une invraisemblance pourtant choquante, le club exhorta les antres sections à conqiléter la liste rédigée par la section de Bon-Conseil. — Bien entendu les journaux jacobins applaudirent sans restriction à l'arrêté du '.i mai. « Un peuple libre, écrivit Pi-udhomme, doit craindre l'ascendant des riches, surtout dans des jours de révolution, et il doit tâcher de le diminuer. Kn les atl'aiblissant, en les mena<:ant de les all'aiblir encore, on les rendrait exfrétncmeut doux et commodes. Ils emploieraient leur crédit auprès des puissances étrangères à faire respecter la llépublique au lieu de la faire avilir. » D'après cet écrivain, il neùt été que juste de soumettre les riches à des contributions assez fortes pour " donner une légère pension à chaque citoyen f(ni aurait servi la République dans les armées, un<^ plus forte ;'i celui qui aurait été blessé, enfin à celui qui aurait été estropié une pension honnèlc (jui put le mettre i l'abri du besoin, lui, sa femme et ses enfants. « {Les révolulions de Paris, w 200).

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ciens soldats étaient ouvertement ou en secret antijacobins. Un des agents employés sous le nom d'observateurs par le ministre Garât pour lui transmettre quotidiennement des renseignements sur ce qui se disait et se tramait dans Paris, évaluait leur nombre de 30,000 à 30,000. Sans doute, ils étaient timides, divisés d'opinion, les uns prêts à se rallier à la partie la plus modérée de la Convention, les autres, au contraire, traitant de factieux Guadet, Vergniaud et les autres Girondins. Néanmoins, au commencement de mai, ils osèrent faire acte de citoyen : ils se rendirent dans leurs sections respectives, où d'ordinaire ils se gardaient de paraître; ils y formèrent la majorité et prirent des délibérations très difTérentes de celles que les habitués avaient coutume d'émettre. Des bandes de plusieurs centaines d'hommes se formèrent dans le faubourg Saint- Antoine en criant : « Vive la République! » ou « Vive le roi! », en opposition au cri révolutionnaire de : « Vive la Nation! ». Dans les Champs-Elysées, iOO à 500 jeunes gens se réunirent le 5 mai et crièrent : « A bas Marat! '■ ». Enfin, ce même jour, une section qui jusqu'alors s'était montrée violemment révolutionnaire, celle de Bon-Conseil, envoya une députation à la Convention l'assurer de son respect et l'informa que ses membres avaient prêté le serment « de maintenir la liberté des opinions des représentants du peuple, de ne jamais permettre que qui que ce soit y porte atteinte et de ne plus souffrir qu'une poignée d'hommes intrigants, sous le masque du patriotisme, écrase davantage les bons citoyens » . L'exemple ainsi donné par la section de Bon-Conseil pouvait être contagieux. Aussi Marat qualifia durement les commissaires de cette section; mais Vergniaud prit leur défense et l'impression de leur pétition fut ordonnée. La protection dont les couvrait la Convention n'empêcha pourtant pas qu'ils ne fussent mis en prison, par ordre de la

1. Schmidt, Tableaux de la Rév. fraix/aise, 1, 163, 112, m, 1"9, 184, 216; Rapport de Dutard à Garai.

Commune. Kn apprenant ce lait le lendemain, les Girondins protestèrent par l'organe de Vergniaud et de Guadet, et, malgré Robespierre et Thuriot qui accusèrent les pétitionnaires de Bon-Conseil d'être des contre-révolutionnaires avérés, il fut enjoint au maire de Paris de venir expliquer les motifs de l'arrestation des commissaires de cette section '. Mais Marat ne se tint pas pour battu ; il imprima dans son journal que la faction des hommes d'État préparait la coiitre-rc'volution, et à la tribune des Jacobins plusieurs orateurs accusèrent les Girondins de vouloir « fédéraliser quelques départements », d'encourager la guerre civile et de préparer le rétablisssement de la monarchie. Au point où en étaient arrivées les choses, il était évident que Tun des deux partis en présence devait succomber à bref délai.

I. .Min de se dispenser de paraître à la barre, Pache lit relâcher immédiatement les individus arrêtés. (Mortimer-Temaux, Histoire de la erreur, Vil, 220).

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