Bûchez et Roux, op. cit., XXVll
DE LA LÉ(;ISL.\T1VE ET DE LA CONVENTION 48fl
Apres tout ce qui s'était débile depuis quelque temps d'attaques contre elles dans le sein de la Convention, les classes possédantes s'attendaient à être dépouillées ; le décret du 20 mai ne lit donc que conlirnier leurs appréhensions. Quant aux classes populaires, toujours disposées à croire que ceux qui possèdent doivent seuls supporter l'impôt, ce décret leur causa « une certaine joie », suivant le témoignage des observateurs de police (rap. de Dutard, du 21 mai). Mais un autre observateur, Perrière, ne put s'empêcher de constater qu'un autre sentiment se mêlait à leur joie. Dans son rapport du 22 mai, il déclara, en effet, ceci : « La haine sourde du pauvre contre le riche se manifeste à chaque instant, et pourra éclater d'une manière terrible '. »
En attendant que l'emprunt forcé fiit organisé, les contribuables restaient exposés à l'application d'arrêtés semblables à celui du département de l'Hérault, puisque le décret du 27 avril avait invité les départements et les communes à l'imiter. Le droit ainsi conféré à des corps électifs, souvent animés des plus basses passions, de se procurer des fonds en les extorquant aux habitants qui n'avaient pas l'heur de leur plaire, ne pouvait qu'amener de déplorables abus; mais, nulle part, ils ne furent plus graves qu'à Lyon.
Cette ville était, depuis quelques mois, dominée par une municipalité et par un comité de salut public en correspondance continuelle avec le club des Jacobins de Paris. La population saine de Lyon était fatiguée du joug et de la mauvaise administration de la municipalité, et, dans les premiers jours de mai, celle-ci, sentant qu'elle était menacée, quelle aurait bientôt une lutte à soutenir contre les éléments modérés, résolut de lever à son profit une imposition ^ Kn conséquence, elle invita les présidents des comi-