‹ Histoire financière de la Législative et de la ConventionChapitre 7 sur 77 · INTRODUCTION I · texte numérisé non relu

INTRODUCTION I

lutionnaires, parles clubs et par les discours de la Chambre, admettait la parfaite justesse delà théorie qu'on vient de lire, et applaudit à la conliscation des propriétés desémigrés.

Les premières opérations militaires ayant été malheureuses pour nos armes, et l'armée prussienne ayant envahi notre territoire, d'un autre côté, la journée du 10 août ayant assuré le triomphe des révolutionnaires les plus ardents, la haine populaire contre l'émigration ne fit que grandir et nulle répression ne parut trop rigoureuse, non seulement contre ceux qui s'en étaient rendus coupables, mais encore contre leurs parents. En conséquence, toute une série de décrets fut adoptée, au mois d'août et au mois de septembre, pour achever la spoliation des émigrés et pour priver dune portion de leurs revenus leurs femmes, enfants et ascendants restés en France.

Mais les émigrés ne soulevaient pas seuls les colères du peuple et de la représentation nationale. Les prêtres insermentés les excitaient à un degré égal. La Législative fut, par suite, conduite à prononcer contre eux, au mois d'août, les peines les plus sévères, et en même temps elle manifesta son inimitié contre l'Église, en nationalisant les biens qui avaient échappé à la confiscation du domaine ecclésiastique. KUe commença par ordonner la vente des palais épiscopaux en vertu du décret du 19 juillet, puis, par divers décrets du mois d'août et du mois de septembre, elle confisqua les propriétés des congrégations séculières ecclésiastiques, des congrégations laïques, et, généralement, de toutes les corporations religieuses d'hommes ou de femmes, celles des associations de charité, celles des séminaires et collèges, celles des fabriques des églises, entin celles de l'Ordre de Malte. La valeur des domaines nationaux se trouva, en conséquence, augmenti'e de plusieurs centaines de millions et les députés, à la veille de leur séparation, purent se dire qu'ils laissaient à leurs successeurs de vastes réserves pour alimenter bîs émissions d'assismats.

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