‹ Histoire financière de la Législative et de la ConventionChapitre 8 sur 77 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Désireux de parer autant que cela dépendait d'eux, à une crise monétaire intense, car l'abondance du papier-monnaie avait chassé les espèces métalliques, et considérant comme à eux ce qui avait appartenu au roi, aux émigrés et au clergé, ils n'hésitèrent pas non plus à décréter la fonte et le monnayage de l'argenterie, des bijoux, des ornements et de tous autres objets en or ou en argent qui seraient trouvés dans les palais royaux, dans les maisons d'émigrés,, dans les églises et chapelles.

Mais, en dépit de toutes ces mesures, la confiance fut loin de renaître. D'une part, en effet, le parti démagogique, représenté par la Commune de Paris, dominait ouvertement l'Assemblée Législative, où les Girondins donnaient chaque jour les preuves d'une incroyable faiblesse, il pouvait impunément accomplir dans les prisons de Paris les monstrueux massacres de septembre, et il terrorisait les départements par des meurtres, des pillages, des emprisonnements arbitraires. D'autre part, la façon dont se passaient les élections pour la Convention, les irrégularités flagrantes auxquelles elles donnaient lieu, les menaces dont elles étaient l'occasion contre tous ceux qui ne parlaient pas ou qui étaient soupçonnés de ne point penser comme les sansculottes, menaces qui assuraient une victoire facile aux candidats de la minorité jacobine, tous ces faits répandaient l'inquiétude en présageant le plus sombre avenir.

Si la Législative a pratiqué pendant les dernières semaines de son existence une politique particulièrement violente, c'est, à n'en pas douter, parce que le pouvoir royal avait été renversé au Dix août et qu'aucune barrière constitutionnelle n'arrêtait plus les fantaisies ni les entraînements de la représentation nationale. Avec l'avènement de la Convention, la France allait inaugurer le régime d'une assemblée unique et omnipotente. Or, une telle assemblée a tout autant, sinon plus de chances qu'un despote, de courber le pays sous le niveau de la tyrannie. A raison des

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