INTRODUCTION XI
bouleversements qui s'étaient opérés depuis trois ans et des divisions profondes qu'ils avaient amenées dans les esprits, il était fort h craindre que la Convention abusât étrangement de la concentration de tous les pouvoirs entre ses mains. Pour qu'elle échappât à ce danger, il aurait fallu qu'il s'y trouvât un parti comprenant ([ii'une fois la Ré[)u blique proclamée, il s'agissait de la consolider, que le gouvernement républicain, non moins que tout autre, devait garantir l'obéissance à la loi, la sûreté dos personnes, le respect des propriétés, la liberté des opinions politiques et religieuses, qu'une nation ne saurait vivre en révolution perpétuelle, et quafin de ralli<^r à la République aussi bien la bourgeoisie que les masses populaires, pour lesquelles elle était non seulement une nouveauté, mais une surprise, il fallait, avant tout, rétablir Tordre, combattre 1 anarchie et lutter sans cesse contre les instigateurs d'émeutes, contre les ambitieux et les intrigants qui depuis trop longtemps attisaient les passions populaires. Malheureusement, ce parti n'existait pas dans la Convention.
Nommés à la suite d'opérations électorales frauduleuses, en ce sens que presque partout la minorité la plus ardemment révolutionnaire avait pu seule y prendre part, les députés Ibrmaient trois groupes d'une valeur numérique et morale très inégale. L'un se composait d'une soixantaine de démagogues généralement sans talent, mais hardis, rr-nmants et sans scrupules ; l'autre, d'une quarantaine de députés d'opinion relativement libérale et dont plusieurs étaient des orateurs émérites, mais qui presque tous manquaient de caractère; enfin, entre ces deux groupes delà Montagne et de la Gironde, plus de HOU députés constituaient le Centre ou la Plaine do la Convention; ils étaient inexpé- Tiiiientés, sans conviction, peureux, hésitants et prêts à soutenir la faction qui paraîtrait la i)lus forte.
Si les (iirondins avaient été de vrais hommes d'État, ils tîus'ionf tout fait pouralfiror h eux el sallachor délinitive-