‹ Histoire généalogique des TardieuChapitre 4 sur 87 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

r-T ouvrage, qui a demandé plus de trente années de recherches dans toutes les archives publiques et privées et les bibliothèques de France, n'est pas un livre destiné au public, mais il s'adresse à ceux du nom, seulement. C'est avant tout une œuvre de bonne foi..

Nous y mettons toute notre conscience et toute notre âme, tout ce que la Providence nous a donné d'énergie, d'intelligence et de cœur; car il s'agit des nôtres, du moins de tous ceux qui ont porté le nom que le sort nous a donné en naissant.

Les Tardieu, sortis des Alpes, il y a environ huit cents ans, ont fait comme la source qui descend de la montagne et se répand dans la plaine. Des circonstances, des alliances avantageuses, l'industrie, le commerce, les hasards de la guerre les ont fait fixer, en divers temps, aux quatre coins de France; aujourd'hui, il en existe dans un grand nombre de nos provinces, et tous y vivent honorablement du fruit de leur travail, de leurs terres ou de leurs fonctions.

Qu'il nous soit permis, en débutant, de dire ici qu'il n'est pas étonnant qu'on rencontre des Tardieu un peu partout, en France. Au xii^ siècle, ils formaient, déjà, dans les Alpes, une famille assez nombreuse; or, il suffit de quatre ou cinq chefs de maison pour que, huit siècles plus tard, toutes les branches et les rameaux produisent des représentants d'au moins cinq à six cents, ce qui, certes, n'est pas trop pour ceux qui comprennent une antique généalogie. Mais, pendant que les uns s'élèvent rapidement, d'autres descendent; c'est le fait, hélas! de l'espèce humaine. Rien n'est éternel ni stable ici-bas, et tel occupait, par ses pères, un grand rang, qui se trouve actuellement moins favorisé de la fortune. Au surplus, laissons parler Rabelais : « Je pense, dit-il, avec philosophie, que plusieurs sont, aujourd'huy, empereurs, roys, ducs, princes en la terre, lesquels sont descendus de quelques porteurs de rogatons ou de coustrets, comme, au rebours, plusieurs sont gueux de l'hostière, souffreteux et misérables, lesquels sont descendus de sang et ligne de grands roys et empereurs. » « Il V a peu de familles dans le monde, dit La Bruyère, qui ne touchent aux plus grands princes par une extrémité, et, par l'autre, au simple peuple. » Cette superbe devise d'un gentilhomme fran-

— m — çais, tracée sur un parchemin du xv^ siècle, l'hoiineur ou rien, ne convient-elle pas surtout aux nôtres? Sans l'honneur, qu'est l'homme ici-bas? La fortune seule peut-elle le donner? Non, certes! Les Tardieu, disons-le sans orgueil, ont montré, pendant la suite de huit siècles, qu'ils aimaient leur patrie, et nous revendiquons largement pour eux cette noble vertu de l'amour du sol qui les vit naître. Constatons que, actuellement, la fortune a souri à un certain nombre en France, et ceux qui seraient moins privilégiés devront jeter un coup d'œil en arriére, se consoler par les actions méritoires de ceux qui les ont précédés, en gardant pour eux le mot espérance qui est la plus grande force des vivants...

BERCEAU DES TARDIEU. — Nous prouverons, bientôt, que le nom Tardieu est tout ce qu'il y a de plus provençal. Inutile donc d'en rechercher l'origine ailleurs qu'en Provence ou sur les limites de cette vaste province. Mais pour affirmer, d'une manière sûre, que la souche de telle famille se trouve dans une région, il faut que celle-ci soit constatée dans le pays où le nom a eu son commencement, conséquence du langage; et cette souche sera tout indiquée par les cartulaires et les documents qui remonteront du x'^ au xiii*^ siècle, époque de l'origine des noms de famille. Les noms patronymiques ne commencent, en effet, pour les particuliers, que dans les dernières années du x^ siècle. Ils ne devinrent d'un usage constant que sous le régne de saint Louis. Les noms propres français se sont formés de diverses manières. Les nobles ajoutèrent, à leur prénom, le nom de leur fief ou de leur manoir; et l'on eut ainsi des noms composés, comme Jacques de Bourbon, Godefroy de Bouillon. Les bourgeois, n'ayant ni fief ni château

dont ils pussent se nommer, joignirent à leur prénom des mots caractéristiques qui devinrent des appellations de famille. Ces nouveaux noms furent tirés souvent de la profession (Fabre, Cordier, Foulon, Meunier), ou du caractère physique ou moral (Leroux, Blanc, Leborgne, Petit, Gros), ou d'une habitude (Lehurleur, Boivin). Nous trouvons un Roland Tardieu, en latin Tnrdiviis, dés l'an iiio; il est très probable que c'est au commencement du xi^' siècle que le nom patronymique de Tardieu (Tardivus) commença à être adopté.

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