ET LES ÉTATS DE TOURS
chancelier qu’il examinerait avec son conseil la requête qui lui était présentée, et dont « il n'avait jamais oui parler ». Le sentiment du conseil ne pouvait être douteux : il confirmait le vœu de la nation, et après en avoir reçu avis le 19 mai, les états généraux assistaient, le 21, aux fiançailles de François d'Angoulême et de Claude de France. Louis, en demandant ensuite à Philippe, père de Charles d'Autriche, la continuation de la paix, s’excusa de l'annulation du troisième traité de Blois, « comme contrevenant au premier « serment fait par lui à Reims, qui est de faire toute chose que « connoitra être au bien, sûreté et conservation du royaume, sans « consentir ni permettre la diminution d'icelui ».
Mais Louis XI avait-il été bien sincère, en accueillant la requête des états comme une surprise ?
Nous savons que, dans les derniers jours d'avril 1506, arrivait à Troyes le gouverneur de Champagne, le seigneur d’Orval, et que, le 27, les habitants étaient convoqués sous la présidence du lieutenant général du baïlli, afin de recevoir une importante communication. Jean Bazin expose, en effet, qu'il est venu à sa connaissance que plusieurs et des plus grandes bonnes villes et cités du royaume ont élu et député de grands personnages pris parmi leurs habitants, afin d'aller à Tours faire « certaines grandes prières et requêtes « pour le bien et l'union du royaume et de tous les sujets du roi ». La ville et cité de Troyes, ville capitale du comté de Champagne, ne saurait être omise dans cette réunion, et Bazin invite l’assemblée à choisir une députation. Les élus sont : MM. Simon Liboron, procureur du roi au bailliage, noble homme Hennequin Lépevrier, maire, et honorable homme Jean de Saint-Aubin, procureur des habitants, lesquels, s'étant transportés à Tours, y trouvent avec M. le gouverneur, comme ils en firent ensuite le rapport à leurs concitoyens, plusieurs grands personnages envoyés par les villes de Paris, Rouen, Bordeaux, Bourges, Dijon, Reims, Amiens, Abbeville, Toulouse, Lyon, Orléans et Tours.
Le jour même de l'assemblée des T royens, le 27 avril, les habitants de Reims avaient reçu de d’Orval des lettres qui, en leur apprenant ce que Paris et d’autres bonnes villes avaient résolu de faire «pour requérir, consentir et accorder au roi certaines choses », les engageaient à joindre un ou deux délégués à ceux des villes. Le lieutenant des habitants et R. Cauchon avaient été élus.