‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 11 sur 327 · D 20 CR PRES · texte numérisé non relu

D 20 CR PRES

Ces députés, de retour à Reims dès le 8 juin, rendirent compte de leur mission. Ils étaient convoqués, dirent-ils, pour exprimer au roi le désir qu’éprouvaient les bonnes villes de voir l'union de Claude de France avec le duc de Valois. Les fiançailles avaient été célébrées, et tous les barons, princes et députés avaient juré de tenir la main à l’accomplissement du mariage. Le serment qu'ils en ont fait doit être ratifié par les habitants, et les lettres de ceux-ci parvenir au roi avant deux mois. L'assemblée ratifia sur l’heure.

Ainsi en fut-il à Troyes, vingt-deux jours plus tard, lorsque les députés de la ville y furent rentrés (30 juin). La formule du serment, que nous possédons, était la même pour toutes les bonnes villes. Comme on le voit par ces détails, ce n'étaient point les états généraux, mais une assemblée de notables que le roi avait convoquée à Tours. Si elle ne compte pas à ce titre dans l’histoire des libertés publiques, elle doit compter dans les fastes de la nationalité?, car elle a contribué à sauver la France d’un grand péril, et c’est un service auquel la Champagne peut être fière d’avoir concouru.

Quatre ans après, appelé sur la frontière d'Italie pour y concerter avecses généraux les mesures à prendre contre les ennemis que lui suscitait l’indomptable patriotisme de Jules Il, Louis XII, en traversant la Champagne, s’arrêtait dans les murs de la capitale de cette province (avril 1510)°. Il n’y fut pas seulement accueilli avec autant de pompe que d’allégresse ; mais, tant qu'il demeura là, chaque fois qu'il se montrait, c’étaient « feux nouveaux et tables « rondes ». La foule était si grande autour du Palais-Royal, où il résidait, qu'à peine pouvait-il sortir : elle l’accompagnait partout où il allait ; et je crois, « pour vérité, dit-le narrateur, qu’oncques « seigneur ne fust si volontiers veu de ses sujets { ».

1 V. Boutiot, t. I, p. 238 et sq. — Arch. législ. de Reims, ibid., p. 856 et 857.

2 Henri Martin, t. VII, p. 356.

3 Il avait donné, le 15 février 1509, et renouvelé, le 11 mars 1510, l'ordre de prendre en l'élection de Châlons 60 chevaux et 12 charrettes pour conduire l'artillerie jusqu’à Asti (Arch. munic. BB). Nouvel ordre, le 30 avril 1311, de lever 100 chevaux et 12 charrettes (Ibid.).

# Godefroy, Cérémonial français, 1. 1, p. 730, dans Boutiot, t. III, p. 258.

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