EXCÈS DES FUYARDS ET DE L’ARMÉE ROYALE
ne voudra jamais croire les tourments qu'ont fait endurer aux pauvres gens des campagnes des «gens de leur propre nation, « pour le plaisir des princes et les envies » qu'ils se portaient. Le peuple, après tout, était digne de ses princes, comme Dieu les avait donnés à la France « tels que le peuple le méritait », et ce sont les péchés du peuple qui ont été cause des misères advenues au royaume; seulement l’innocent a satisfait à la justice divine pour le coupable, « les pauvres gens des villages » ont «souffert la « pugnition des péchés du roi, des princes, des genstuehommes, « des prebsires, des marchands et bourgeois! ».
Cependant les reitres appelés et amenés par Condé s’avançaient au nombre de 48 à 20,000, sans se laisser détourner par M. de Biron, qu'Henri HT leur avait envoyé pour leur faire connaitre la trève conclue avec le duc d'Alençon : « Si le duc d'Alençon est « d'accord avec le roi, avait répondu le prince de Condé, moi je ne « le suis pas ». L'accord n'était pas tel, d'ailleurs, du côté du due d'Alençon, que celui-ci ne continuât de donner à la cour beaucoup d'inquiétude : il vivait dans une étroite sujétion du parti auquel ül s'était attaché, et tenait toujours la campagne. Il fallut lui opposer une armée, dont le commandement fut confié à M. de Montpensier, en même temps que le duc de Mayenne ?, frère du duc de Guise, fut chargé de faire tête aux reîtres. Mais cette démonstration militaire n’eut d'autre effet sérieux que d’autoriser le roi à « demander « au peuple de France, paisible et obéissant, de l'argent tant qu'il « vouldrait, soubz couleur de lever des hommes » ou de réparer des ruines faites par les huguenots #.
le capitaine d’une de ces compagnies logée au faubourg de la ville, et l'ayant arrêté avec une partie de ses hommes, les transféra à Troyes, où le capitaine fut pendu (21 janvier 1576) et ses gens faits prisonniers. (Sémillard, t. LE, ap. Boutiot, t. IV, p. 86".
1 Cl. Hatton, p. 813.
2 Le marquisat de Mayenne avait été érigé en duché-pairie par Charles IX, en 1573.— C'est le5 février 1576 que Henri HI, par lettres datées de Paris, « establit le duc de Mayenne lieutenant général de l’armée et dans tout le royaume pour s'opposer aux forces estrangères entrées en
France ». Les appointements de cette charge étaient de mille livres par Di 5 F
mois (Archives nat., cartons des rois, K 99, pièce 20, K 100, pièce 1). 8 C1, Hatton, p. 628. A la ville de Provins et à l'élection il demande
Mig.
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La paix était l'unique objet des aspirations de la reine-mère, qui la poursuivait en allant « de l’un à l’autre, tanstôt au roy, tanstôt » au duc d'Alençon, et en réglant la marche des armées royales de manière à éviter toute collision avec les rebelles. C'était le bruit commun par la France que cette femme « seule portait le feu et « l’eau, la paix et la guerre, quand elle vouloit!» Aussi, dans cette circonstance, n’était-il point de ville de la Champagne qui, enflammée d’ailleurs par les ardentes prédications du clergé, ne demandât au Ciel le succès des négociations de Catherine « par « dévotes prières, par pérégrinations et processions tant générales « que particulières ». On sait que le roi n’omettait aucune de ces pieuses manifestations de la foi parisienne, et qu'il assistait aux processions avec « la royne sa femme, en grande dévotion, ce sem- « blait » ; il eût mieux fait, assurément, « s’il fust allé à la guerre « en propre personne, car sa présence y eust servi de mille « hommes? » ; mais, outre qu'il « n’en voulait ouyr parler », depuis son avénement au trône, son indolence, habilement entretenue, servait bien mieux les vues maternelles que n'eût fait une trop bouillante ardeur.
On comprend dès lors que le prince de Condé et ses rciîtres, entrés en Champagne, dans le cours de février, par les environs de Langres, aient pu venir passer la Seine à gué au-dessus de Châtillon et tirer ensuite au-dessus d'Auxerre pour aller gagner le passage de la Loire à la Charité, ville qui tenait pour les « rebelles, sans avoir été attaqués par le due de Mayenne, qui, bien inférieur en forces et dépourvu de tout secours, se contenta de les côtoyer à quatre lieues de distance jusques auprès de la Charité. La victime de cette manœuvre fut encore « ce « pays de France mangé des deux partz », et, ce qui est triste à
3,509 livres pour refaire le pont de Charenton rompu par les rebelles en 4567, et ne fait aucune réparation.
1 CI. Hatton, p. 825. — V. sur ses négociations R. Bouillé, ist. des ducs
de Guise, t. HE, p. 22. — En cet état de choses, quelle pouvait être la situassée, elle se
tion de Ja veuve de Charles IX à la cour? Se voyant déla décida à retourner en Allemagne, et le conseil de ville de Châlons recevait, le 411 décembre, avis qu’elle devait arriver le lendemain.
2 Id, ibid.