LA PAIX DE FLEIX
amené à signer la paix de Æleix (26 novembre) aux mêmes conditions que celle de Bergerac. Il y trouvait l'avantage de donner satisfaction aux vœux du duc d'Anjou, à qui les Provinces-Unies, dans leur détresse, offraient cette fois la souveraineté de leur pays (16 septembre), de susciter des embarras au roi d’Espagne, et de délivrer le royaume des pillards qui le désolaient. Mais les catholiques n’en étaient pas moins irrités de voir toujours leurs victoires aboutir à l’affermissement de leurs antagonistes, et la Champagne devait avoir encore à souffrir de l’expédition de Flandre.
A la faveur des mouvements de troupes qu’elle occasionnait, M. de Rosne avait pensé, dès le commencement du mois d’août 1580, enlever à son nouveau propriétaire, un honnête marchand de Troyes, le château d'Anglure, qu’il désirait mettre entre les mains de M. d'Etoges, son beau-père. « Ce chasteau éfait une des plus « belles baronneries de France, qui avait moult de seigneuries qui « relevaient de lui? » ; mais M. de Rosne ne put que pénétrer dans le bourg, où il attendit vainement pendant trois joursle moyen de surprendre le château. Il ne fut pas plus heureux au mois de janvier 1581, où, à son instigation, le régiment de la Rochepot vint assiéger la forteresse. Pressée par les assaillants, la population de la ville dut s’y retirer, abandonnantses maisons à la « miséricorde des « voleurs, qui les pillèrent et les incendièrent ; mais ceux-ci furent « contraints de renoncer à la prise du château, et, sur la plainte du « propriétaire, plusieurs d’entre eux furent emprisonnés et « exécutés ? ».
Dans le même temps, un nouveau capitaine Beaulieu, « enfant « d’un hostelier de taverne de la ville de Nogent, nommé Virelois », associé à sept ou huit autres capitaines, infestait, de Troyes à Montereau, les bords de la Seine et de l'Yonne; poursuivis, sur l’ordre de Dinteville, par M. d’Esternay, son parent (novembre 1580), ils avaient dû regagner la éannière brigantine d’Aix-en-Othe, d’où ils étaient sortis. Ils se hasardèrent ensuite (janvier 1581) à reparaître
1 R. Bouillé, Hist. des ducs de Guise, t. II, p. 88.