‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 141 sur 327 · CI. Haïton, p · texte numérisé non relu

CI. Haïton, p

# Lettres de Dinteville au roi du 23 janvier pour instruire S. M. de l’événement, et ordre du roi du 6 février de punir exemplairement les coupables (La Réforme et la Ligue, Documents, par Hérelle, t. II, p. 407).

au grand jour et renouvelèrent leurs exploits dans les environs de Provins ; mais, harcelé par la maréchaussée, le capitaine Beaulieu ne put tenir les champs jusqu’au mois de juillet suivant, où, sous le nom de M. le duc, « la volerie se remit sur les villages » de la Champagne.

C'était le temps, en effet, où se réunissaient à Montereau les troupes destinées à l’expédition de Flandre, et «il faut entendre que « les compagnies qui s’y assemblèrent n'avaient oblié le mestier « de rançonner, battre et desrober leur hôte ». Ajoutez que cette expédition fut pour tous les vagabonds, ainsi que nous l'avons marqué plus haut, l’occasion de se mettre aux champs pour y commettre toutes sortes d’excès et se livrer à des actes de cruauté tels que « des Turcs et barbares n’eussent volu faire pis » ?.

: Cependant le duc d'Anjou, qui était à Montereau, pressé par les habitants de Cambrai de venir à leur aide, se décida à lever son camp et prit le chemin de Provins, où il arriva dans la soirée du 23 juillet et fut reçu au bruit de la mousqueterie des arquebusiers. « Jamais, en ville de France », dit le due, on ne lui avait « fait meilleur accueil ni plus belle entrée ». Son artillerie le suivait de près : « elle était de quatre pièces moyennes, qui ne « portaient bouletz que de la grosseur du poin, de quatre charettes, « qui portaient chascune six canons de la grosseur de harquebuses « à crocq, posez en icelles comme tuyaux d’orgues, et d’une grande « charette chargée de grosses arquebuses à crocq, jusques au nombre « d’une douzaine ». Le tout était mené par plus de 40 beaux et gros chevaux, et commis à la garde de 80 Suisses et des canonniers 3.

Le duc séjourna là jusqu’au 27, où, sur les instantes prières d’une nouvelle députation de la ville de Cambrai (95), il se dirigea vers le nord, en passant par la Ferté-Gaucher. Le jour même de son départ fut un jour de deuil pour le bourg de Broyes-lez-Sézanne. Les habitants avaient entendu tenir leurs portes fermées à l’armée ducale, et l’un des principaux chefs de celle-ci { parlementait avec les auto-

1 CI. Hatton, p. 1028 et 1043.

2 1d., p. 937, 938, 939. — V. ci-dessus, p. 261. 3 Id., p. 4054.

4 L'Etoile dit que ce capitaine et ses hommes venaient du pays messin (p. 211), et assigne à l'événement la date du 42 juillet.

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