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CHAPITRE IT

DE LA MORT DU DUC D’ANJOU A CELLE DE HENRI II. 10 sun 1584 — 2 aouT 1589.

La mort du duc d'Anjou, en ouvrant le chemin du trône à Henri de Bourbon, ravive la

Eainte-Union. — Henri de Guise oppose au roi de Navarre le cardinal de Bourbon, et s'assure, avec l'appui de Philippe Il, l’obéissance des principales villes de la Champagne septentrionale. — Catherine tente de l'arrêter par des négociations, et conclut avec lui le traité de Nemours. — Dépit de Henri LI. — La misère qui règne concourt à accroître la popularité du duc. — Hostilités entre les La Marck et les Guise : la trève de Reims, imposée par la reine-mère, les suspend. — Arrivée aux huguenots

d’un renfort de troupes amené par François de Châtillon.— L’ivrognerie, la gourmandise et les escarmouches des Guise le déciment ; défaites qu'il essuie ; il regagne bien réduit la frontière. — La ligue triomphe. — Troyes hésite à s'y associer; le duc parvient à entrer dans la ville. — Le roi se décide alors à adhérer à la Sainte-Union et s’en déclare le chef aux étais de Blois, mais les états ne s’en montrent pas pour lui plus généreux. - Egaré par son ressentiment, il fait assassinerle duc et son frère le cardinal. — Influence de ce double meurtre sur les dispositions de la Champagne. — Tandis que Sainte- Menehould, Langres, Châlons et Château-Thierry se déclarent pour le roi, les autres villes adhèrent à la ligue. — Ascendant que donne à Saint-Pol cette révolution. — Le roi récompense la fidélité des Châlonnais, en leur conférant divers privilèges enlevés à leurs adversaires. — Il se rapproche du roi de Navarre, et vient avec lui assiéger Paris. — Etabli à Saint-Cloud, il yest assassiné.

La mort du duc d'Anjou, frère unique d’un roi sans espoir de postérité, ouvrait le chemin du trône à Henri de Bourbon, roi de Navarre ; mais Henri n’était pas seulement un parent bien éloigné et un prince presque étranger, c'était encore et surtout un hérétique, hérétique relaps et chef d’un parti qui, depuis vingt-cinq ans, désolait et ruinait la France. Etait-il possible que ce parti tant de fois vaincu arrivât à gouverner le royaume, et que pouvaiten attendre la religion sainte, disaient les prédicateurs, si ce n’était une persécution non moins odieuse que celle dont avaient à souffrir les catholiques d'Angleterre ? Les états généraux de 1576 n’avaient-ils pas d’ailleurs proclamé que « la profession de la religion catholique « n’est point seulement l’ancienne coutume, mais la principale et

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