VILLES DEMEURÉES FIDÈLES AU ROI
tir MM. de Rosne etde Sainf-Pol du pouvoir de commander en Champagne en l'absence de M. de Joinville !, ni les agissements de M. de ‘Rosne, alors retiré à Saint-Dizier (11)?, ni l'intervention des princes de Guise auprès de M. de Plivot, commandant les compagnies de la garnison (3 mars), ne parvinrent à ébranler la fidélité des habitants à la couronne. Dinteville du reste avait le don de les y entretenir, leur témoignant la plus entière confiance et veillant avec sollicitude à leur sûreté : s'ils sont menacés de quelque danger, qu'ils prennent conseil de M. Thomassin : c’est un homme d'honneur en qui ils peuvent se fier ; personne mieux que lui ne saurait les protéger *. Au besoin, il se rendrait lui-même à leur appel *.
Aussi, sous l'influence de M. de Dinteville, qui, dès le 46 janvier, avait fixé au milieu d'eux sa résidence ordinaire, et qui, dès le len- | demain 17, leur avait fait jurer de « vivre et mourir en la religion | « catholique, apostolique et romaine, soubz l’auctorité de Sa « Majesté », les Châlonnais allèrent-ils, en février, jusqu'à profiter d’une sortie de l’évêque Gosme Clausse, qu’ils avaient provoquée, pour lui fermer les portes de la ville; ils en donnaient pour prétextequelques propos qu’il aurait tenus. Le prélat protestaetdemanda à venir «se purger » devant le conseil des imputations calomnieuses dont il était victime: « J'en répondray, lui dit Dinteville, devant « le Roy», et il s'opposa à la rentrée de l’évêque jusqu’à nouvel | ordre de Sa Majesté. Ainsi débouté de sa requête, vainement Cosme | Clausse la renouvela-t-il six mois plus tard (26 août) ( : on ÿ Opposa k un second ajournement. De remise en remise le provisoire allait l durer cinq années entières *. Aussi bien les remerciements du roi aux | habitants de Chälons pour leur fidélité à son service (Blois, 4 janv.)
4 Arch. mun., Abe Cf. Hérelle, Lettres, p. 169, note.
2 Hérelle, 2014. p.174. j
5 Arch. mun. de Chélons, AA 6, 30 décembre 1588. Ï
4 Ibid., 3 janvier 1589. 4
5 Sa requête fut présentée au conseil le 15 février 1589, et repoussée ll
véritablement par M. Dinteville, contrairement au récit de Baugier (t. Ier, |
p. 259), qui en attribue le rejet exclusivement au conseil. \ 6 Celle-ci est datée de Fleury [la-Rivière]. V. aux archives de la ville de
Châlons, Lettres missives. — Cf. Henri, La Réforme et la Ligue en Champagne et à Reims, Appendice, n° VI, T V. sur cette affaire notre Appendice.
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avaient-ils exalté leur zèle jusqu’à la rigidité. Le conseil avait jugé à propos de placer à Juvigny cent hommes de pied (11 janv.). Comme les habitants de ce bourg ne paraissaient pas disposés à s’en accommoder, l’ordre de les recevoir leur est réitéré, et s'ils ne se soumettent, « sera permis ausdits gens de guerre d'entrer dedans « ledit bourg par toutes les voyes qui se pourraient trouver, mesme « par assault et force » (13 janv.). Aussi le roi avait-il dans le dévouement des Chälonnais une telle confiance qu’il leur avait demandé, le 22 janvier, de lui adresser tous les huit jours wng homme de pied exprès avee « ample mémoire bien cacheté », pour lui faire connaître tout ce qui se serait passé, soit dans la ville soit aux environs, qui fût digne de luy estre escript'. Or une chose les inquiétait : Saint-Pol s'était emparé de Vitry-le-François le 17 janvier, et ce voisinage ne pouvait manquer de leur être préjudiciable. Ils prièrent done le roi de « pourvoir à la place de Vitry », et le roi s’empressa de les rassurer, ce qui ne devait pas les empêcher d'adresser, le 31 janvier, la même prière à Dinteville : Vitry était leur cauchemar.
De son côté, Langres, qui, en 1588, avait déjà hautement manifesté ses sentiments politiques en faisant graver sur une guérite en pierre du boulevard de Longe-Porte cette inscription :
Langres soutient les lois de la querelle sainte De Henri de Valois contre la Ligue feinte,
devait pousser le zèle jusqu'à désarmer les citoyens suspects et notamment le chapitre?. La population était surtout affermie dans ses sentiments par le maire, Jean Roussat. HenrilIl, « outre la lettre » qu'il adressait « aux maire et échevins de la ville », lui avait écrit « particulièrement [dès le 24 décembre], pour luy faire entendre « la juste raison qu’il avait eue de faire mourir le feu duc de Guise, qui, après avoir eu tant de preuves de sa bonté, avait encore une « nouvelle entreprise contre sa personne ». L'énergie la soutint au milieu des épreuves qu’elle eut en ce moment à traverser, car elle était devenue tellement odieuse aux villes et pays d’alentour,
1 Hérelle, Lettres, p. 173.
2 Délibérat. du 7 mars 1589, ap. Migneret. Hist. de Langres, p. 188 et