‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 16 sur 327 · ORIGINES DE L’IMPRIMERIE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE L’IMPRIMERIE

en 1496, ta Règle des Marchands, contenant trente questions extraites de la Somme des Confesseurs, par Jean-le-Liseur!.

Mais aussi, dès le commencement du XVE siècle, l'autorité judiciaire intente à l’imprimerie un de ses premiers procès, intéressant pour l’histoire de la liberté de la presse. Un libraire de Troyes, Macey Panthoul, avait fait imprimer à Paris? pour l’évêque Jacques Raguier les deux recueils des statuts synodaux de Jean VI de Brague (1374) et de Jean Léguisé (1427). Sur la poursuite du procureur général au Parlement, la cour ordonne, avec la saisie des exemplaires, la suppression de quelques mots latins et français de l'art. XIV De Decémis (7 septembre 1503) ; l'ouvrage n’est remis à l’évêque qu'après correction opérée sous la surveillance du baïlli et du prévôt (22 septembre)*.

Le premier ouvrage connu imprimé à Reïms le fut par Nicolas Bacquenois en 1553; c’est le Coustumier de Reims. Maisil y a lieu de penser que les origines de l’imprimerie dans cette ville remontent un peu plus haut. Des documents particuliers permettent à M. Claudin, dont la compétence en cette matière est incontestée, de les faire remonter à 1537 ou 1538, en les rapportant à Claude Chaudière, imprimeur à Paris, qui serait venu s'établir à Reims à cette époque, mais dont l'établissement n’y aurait eu qu'une durée éphémère.

On constate du reste en 1543 au plus tard la présence à Reims d’un autre imprimeur nommé Nicolas Trumeau. Elle est attestée par une belle affiche que M. Léopold Delisle vient d'acquérir avec le volume sur le plat intérieur duquel elle est collée, et dont M. Jadart, bibliothécaire de la ville, nous a donné une réduction dansles Mémoires de l'académie de Reims, année 1892-93, t. 1e, p. 262. C’est une défense « de par Monseigneur le « duc de Guyse per de France gouverneur et lieutenant général du Roy « en Champagne et Brye », d'acheter « bledz sur le plat pays ne en faire « provision ou amas ». Au bas de l'affiche on lit : Zmprimè à Reims par Nicolas Trumeau, libraire. Or il y a lieu de penser que l'ordonnance est de 1543, où le pays eut à se prémunir contre une double invasion, et où sa sûreté aura provoqué de la part de Claude de Guise, entre autres mesures, une défense analogue à celle qu’il prit en 1524, après le 18 mai (NV. ci-dessous, à cette date.

Pour Chaumont, ce sont les Modèles d'artifice qui parurent les premiers. Ils furent édités en 1598 par le langrois Boillot.

2 L'impression fut achevée en 1501, 25 janvier.

3 V.les Synodes du diocèse de Troyes, par M, l'abbé Lalore, 1867, p. 13.

Au milieu du mouvement intellectuel qui se produit, l'instruction de la jeunesse ne pouvait manquer d’être l'objet de la sollicitude publique. Pour que la grande école (collège) ne soit plus exposée à demeurer fermée pour défaut de paiement du loyer, la villede Troyes prend ce loyer à sa charge (10 novembre 1485). Le 9 février 1509, le lieutenant général du baïlli de Meaux enjoint au procureur de faire réparer le devant de la grande école de Provins qui menaçait ruine. Les petites écoles, de leur côté, sont entretenues avec soin. Troyes en compte alors sept, dirigées par trois ecclésiastiques et cinq laïcs; deux de ces derniers sont même invités à élever la force des études : désormais « ils liront les grandes leçons ».

À Châlons, le départ de M° Nicole Pierrette pour Paris menaçait de priver de maître les enfants : à la requête de plusieurs membres du conseil, le s° Ferry, maitre d'école à Vitry, vient prendre la place vacante. Il s'engage à tenir les écoles et en retour de ce service, il recevra exemption de taille, guet et garde (2 mars 1485).

Outre les petites écoles dirigées par des laïques, il en était à Châlons, comme à Troyes, qui se tenaient dans des paroisses ; « on à acoustumé d'y envoyer les enffans pour les instruire à l’église « et à leurs commencemens et fondemens de lettres ». Nous voyons par une délibération du conseil de ville (29 août 1508) que le maître de la grande école prétendait mettre un terme à cet usage : on décide qu’on en parlera au chapitre !.

On n’a pas oublié du reste ce que nous ont révélé, dès 1441, les registres de l’officialité touchant l'extension de l’enseignement primaire dans le diocèse de Châlons. Nous y trouvons, de 1461 à 1515, les noms de 16 recteurs d'écoles qui ont comparu devant le tribunal de l’évêque, soit pour y répondre de leur conduite comme celui de Passavant, Etienne Gastebois (1479), accusé d’avoir sonné et faitsonner la cloche pendant la nuit, celui de Vertus, Jean le Petit Maire (1481), accusé d’avoir dansé dans l’église au son du tambourin : soit pour y porter plainte, comme celui de Gourgançon, Jean Rigault (1481), contre son curé, qui l’a battu, celui de Fagnières, Jacques

1 V. plus loin, livre troisième, troisième partie, $ VIT, semblable réclamation du 1% principal du collège.

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