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RÉCOMPENSES ACCORDÉES A LA FIDÉLITÉ CHALONNAISE

décharge son dépit sur les campagnes environnantes, qu'il dévaste.

D'un autre côté, la ville d’Epernay portait la peine de sa témérité, Après avoir, dès janvier 1589, chassé le capitaine Saint-Etienne, qui y était entré au mois de décembre précédent, elle avait eru pouvoir, pleine de confiance dans ses fortifications, refuser toute garnison et tout gouverneur particulier : profitant de cette circonstance, Dinteville, à la tête de la milice châlonnaise, vient à l'improviste bloquer la place. Surpris sans armes, sans canons, sans poudre, les Sparnaciens invoquent l'assistance des Rémois, leurs amis et alliés (28 mars); mais, vigoureusement pressés, ils sont réduits à composer avec l’ennemi avant l’arrivée des secours, et à recevoir de nouveau Saint-Etienne (30 mars).

Aussi bien le roi n’épargnait-il point à ses fidèles Châlonnais les éloges et les encouragements : « Vous servez, leur écrivait-il, « d'exemple et montre aux autres villes de la Champagne. Vous « avez, par la grâce du Saint-Esprit, choisi le chemin de vostre « salut, Le repos de vos consciences, la conservation de vous-mêmes « et de vos familles. Continuez de bien en mieux ! ». Et passant aux actes, il donna ordre au due de Nevers de résister à leurs ennemis, en assemblant toutes les forces qu’il pourra (Tours, 27 mars). Mais, si le duc de Nevers est prêt à leur venir en aïde, encore faut-il qu'il ait le moyen d’agir. Malheureusement la recette générale de Châlons est sans ressources, et « par le manquement d'argent, vous ne « pouvez, écrit-il le 31 mars, contenir les gens de guerre, et les « empêcher, comme il est nécessaire, de vivre à discrétion, ny « d’ailleurs les renforcer, quand l’occasion se présente de ce faire » (31 mars).

En attendant les secours de Nevers ?, le roi comblera les Chälonnais d’honneurs. Déjà, par son édit daté de Tours (27 mars), où il venait de transférer sa résidence et d'installer (22 mars) un parlement, il avait reconnu Châlons comme la principale ville de la

un cerfain nombre de chevaux, et soutenait la résistance des habitants (Mémoire des choses plus notables, etlc., p. 67). 1 Henri, ibid., p. 138.

? Hérelle, La Réforme et la Ligue en Champagne, Lettres du duc de Nevers et de Dinteville, p. 200 et 202.

Champagne. Le 16 avril, afin de témoigner à la postérité « de sa « fidélité et du châtiment infligé à la félonie » des autres villes, il lui accordait, avec la translation de la monnaie de Troyes, une chambre de son parlement de Paris, «pour juger en dernier ressort « le procès de tous ses sujets des provinces de Champagne, Brie, « Picardie et l’Isle-de-France au-delà de la rivière de Seine »'. Par lettres du 2 et du 27 mai, il y ajoutait le bailliage, siège présidial et prévôté de Vitry, incorporant d’ailleurs au bailliage de Châlons les villages voisins jusqu'à six lieues à la ronde, c’est-à-dire une partie des bailliages de Sainte-Menehould, Reims et Vertus?.

1 Ce parlement tint ses séances dans le réfectoire du couvent des Jacobins. Un de ses premiers actes fut d'enregistrer (27 avril) l’édit par lequel leroi frappait de confiscation les meubles etimmeubles des ducs de Mayenne et d'Aumale, ainsi que ceux de leurs partisans. Il séjourna à Châlons jusqu'au mois d'avril 1594.

? Le 4 décembre, le roi confirmait la suppression du bailliage de Vitry. Le 12, ses lettres étaient enregistrées par les trésoriers généraux, et le 1% par la chambre de parlement séant à Châlons. Cette ville avait enfin obtenu ce qu’elle demandait dès le 11 février 1552 (V. ci-dessus, p. 4224).

Le roi lui avait déjà accordé, en juin 1581, le transfert en ses murs du bailliage et siège présidial de Vitry ; car Dinteville les félicitait, le 16 juin, de cette faveur ; mais il y a lieu de penser que l'intervention du duc de Guise en fit ajourner la jouissance (Arch. mun., AA 6).

Quant à l'élection et au grenier à sel de Vitry, les convoitises châlonnaises avaient reçu depuis quelque temps déjà satisfaction, comme on l’a vu plus haut (p. 121). Châlons avait assez combattu, en 1523, le projet de création du grenier à sel, allant jusqu’à voter 40 éeus sols à M. Pierre Bataille, général sur le fait des tailles et aides, qui avait fait l'enquête sur ledit projet (9 octobre) ; promettant ensuite (28 avril 1529) une coupe d’or desix écus à la gouvernante de Champagne, si elle obtenait du roi l'abolition du grenier à sel de Vitry (Concl. du conseil de ville), et envoyant en cour, pour emporter, Jean Godet et Claude Dorigny en janvier 1530, et le même Jean Godet et Pierre Legendre en juin 1545. Les Châlonnais gagnèrent leur procès en 1548, en même temps qu’ils obtenaient la restitution à leur profit de l'élection dont François 1° avait doté sa nouvelle ville de Vitry. Nicolas Willant leur rapportait, le 21 avril 1553, les lettres d’abolition du grenier à sel et de l'élection de Vitry, et la possession de l’un et de l’autre leur fut confirmée en février 1578, non toutefois sans qu’ils eussent eu de

nouvelles démarches à faire pour en obtenir fa jouissance ; car, le 12

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