‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 165 sur 327 · CAMPAGNE ÉPISTOLAIRE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE ÉPISTOLAIRE

Ainsi le roi allaitil, au mois de juin Suivant, récompenser. la 4 fidélité de Langres et punir la félonie de Chaumont en transférant à la première de ces villes l’éfectéon établie en la seconde, « ensem- « ble les offices dont elle était composée », puis le bailliage et É présicdal qu'elle possédait !,

Mais c'était surtout la cité châlonnaise qui acquérait de la libéralité royale une grande prépondérance administrative, en même temps que sa position et sa force, non moins que son dévouement à la couronne, en faisaient un arsenal important et un centre d’approvisionnement précieux pour les armées royales. j

Il n’en fallait pas davantage pour animer les deux partis l’un contre l’autre. Mais, tout en menant «tournoyer » leurs armées vers la Marne, les ligueurs préludent à l'attaque par une véritable À campagne épistolaire, où se succèdent avec plus d’entrain que de | succès les caresses et les menaces, les promesses solennelles et les propositions confidentielles. Après Saint-Pol enflant l’état de ses bataillons pour intimider ses adversaires *, interviennent les bourgeois de Reims faisant valoir aux yeux de ceux-ci les intérêts com-

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merciaux, leur rappelant que les misères du tiers état tournent « au « profit des gens de guerre et des gentilshommes », et les conjurant de ne point s’exposer à tomber « en l’estat d'Angleterre » mais de travailler à conserver à leurs enfants la religion que leur ont léguée leurs pères $.

avril 1577, ils recevaient avis que, malgré leur opposition et celle du procureur, l’'édit de création du grenier à sel à Vitry venait d’être publié en la cour des aides (Arch. rnun., série BB 13). En cédant à leurs réclamations, Henri IT se plaisait à dire que leur ville était « l’une des principales clefs du royaume du côté de Lorraine, Allemagne et Luxembourg, ville fort ample et spacieuse... ».

Mais « tout fut restably [par Henri IV en 1594] avec amnistie générale » (Recueil factice de pièces originales dit Recueil Arnould, Bibliothèque de Châlons, aux dates précitées et p. 155). Cf, ci-dessous, ann. 1594, les articles de la soumission de Vitry.

1 Hérelle, Documents, p. 255.

2? De Bar écrivait à M. de Plivot, le 1°" juillet, que le camp de M. du Maine «est composé de 40,000 hommes combattans, qui doit estre renforcé sous peu de temps d’autres 40,000 » (Hérelle, Lettres, p. 203, note).

$ Henri, ibid., p. 146 à 149. La dernière idée est empruntée à unc

Cependant Saint-Pol, poursuivant le cours de ses succès, bat, le 1% mai, à Maffrécourt, près de Sainte-Menehould, un corpsde royaux commandé par Lieudieu, Thomassin et Corna. Verdun, vivement pressé de se déclarer, se décide, le 10 mai, à «tenir le parti de la Saincte-Union ». Toul, investi, accepte sans peine la capitulation qui lui est offerte, et entre dans la ligue (mai).

Mais ce n’était pas seulement le nord de la Champagne que les hostilités désolaient. Les passions se déchainaient non moins vives du côté de Chaumont et de Troyes, où un grand nombre de chäteaux avaient des garnisons qui couraient constamment les champs. Parmi ces châteaux, celui de Marault était tenu pour la ville de Chaumont par M. de Riocourt-Enfer, qui y faisait bonne garde : « Tenez-vous assurés de cette place, écrivait-il au conseil ; si l’enne- « mi me veut voir, il ne se retournera sans être bien battu, et € reconnaitra qu’il ne faut s'adresser à Enfer, plutôt aller droit en « Paradis! ». Non moins vaillant que de Riocourt, M. de Hautefort concourait à la défaite du plus entreprenant capitaine du parti royaliste en ces parages, le baron de Lanques, qui, après plusieurs alternatives de revers et de succès, finit par être fait prisonnier, le 23 avril, près de Valentigny. Il songeait à déloger la garnison TOYaliste de Brienne, qui gênäit Bar-sur-Aube, et déjà la place était cernée, quand des dépêches pressantes du due d'’Aumale et de Mme de Montpensier, sœur des Guise, l’appelèrent à Paris avec toutes ses forces, « pour des occasions très importantes au bien du « pays » (25 mai)?.

Il n’était pas jusqu'aux villages qui ne prissent parti ou pour le roi ou pour la ligue, et qui ne s’armassent les uns contre les autres. À leur imitation, les petits enfants «s’amusaient par monceaulxavee « des pierres et bastons », et se livraient des combats acharnés. Les familles elles-mêmes étaient divisées ; bref, la guerre était partout, et à la faveur de la guerre le pillage ®.

lettre du 16 juin 1589, signée : « Vos voisins, bons et anciens amys, les « lieutenant, gens du conseil et habitans de la ville de Reims. Raïnssant, « greflier ».

1 Hist, de Chaumont, p. 141.

? Id., ibid., p. 14%, 145.

Mémoires de Carorguy, p.18 et 19. «Et lors, ajoute-t-il, cessèrent

RC Gene.

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