‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 170 sur 327 · D’AUMONT EN CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

D’AUMONT EN CHAMPAGNE

« la couronne, et de lui rendre la mesme fidélité et obéissance « qu'aux deffuncts roys ses prédécesseurs. Promettons et jurons « encore, ajoutèrent-ils, de nous employer de nos vies et biens pour « la juste vengeance du meurtre et assassinat commis à la personne < du dict deffunct Henry ITE, notre très bon roy... En témoignage « de quoy nous avons signé cest acte de nos seings manuels, cy « mis le douzième jour d’aoust 1580 1. »

Pendant ce temps, Reims, Troyes, Sens, Chaumont reconnaissaient pour roi le vieux cardinal de Bourbon, bien que, depuis le jour de l'assassinat des Guise, il fût détenu en captivité ?, comme le jeune duc de Guise, tous deux otages précieux entre les mains de Henri.

Chacun s'était donc affermi dans ses premières dispositions, quand, arrivé, le 22 août, à Château-Thierry, à la tête de 3,000 Suisses, d'Aumont écrivit, le 23, aux Châlonnais qu’il avait mission du roi d’aller en Champagne pour y rétablir la tranquillité ; le 95, qu il partait le lendemain, mais si peu accompagné qu'il laisserait ses troupes à Epernay jusqu’à l’arrivée des renforts qu'il attendait de « Messieurs de Tavannes et Chombert, colonel des reistres, « lesquels sont à présent ès environs de Langres » ; le 2 septembre, qu'il se représentait assez l’incommodité qu'ils recevaient de Vitry et de toute autre épine, et qu’il désirait estre autant en sa puissance qu’il était en sa volonté de les en délivrer.

Avee ce qu'il avait et ce qu'il put réunir, en même temps qu'il détachait Thays { contre Vitry-le-François, il s’avança le long de la Marne, prit Châtillon, brüla Champfleury, et « fit mine d’assiéger « Reims, tirant devant et dedans cinq ou six coups de canon ». L’alarme était grande dans la ville; mais Saint-Pol fit bonne contenance et sortit avec sa cavalerie, soutenue de « six grands fau-

1 Suivent les signatures sur 19 feuillets. Elles furent reçues par Nicolas Gautheron, notaire à Langres, commis à cet effet par les maire et eschevins de la ville. V. l'acte dans ?’Hist. de Langres de Migneret, p. 1914 et sq.

2 11 fut transféré successivement d’Amboise à Chinon par Henri III, et de Chinon à Fontenay-le-Comte, par Henri de Béarn.

$ Henri, ibid., p. 152. — Hérelle, La Réforme et la Ligue, Lettres, p. 227, 229. La lettre du 2 sept. est datée de Villers-Marmery.

# Il avait établi Thays à Vitry-le-Brûlé, ce qui prouve bien que la ruine de ce château en 1544 n'avait pas été complète.

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« conneaux et d'une grande bastarde ». Les royaux n'osèrent l’attendre. Henri, menacé d’être forcé par Mayenne dans ses retranchements d’Arques, pressait d’ailleurs le maréchal de venir à son aide. D'Aumont quitta donc la Champagne, et son départ fut un sujet particulier de soulagement pour Messieurs de Chaumont, qui, se voyant menacés par le maréchal, faisaient, le 15 septembre, appel à l’assistance du duc de Lorraine. Toutefois d'Aumont ne partitpas sans avoir vendu aux habitants de Châlons et d’Epernay les vendanges des Rémois pour dix mille écus payés comptant, ni sans avoir engagé les gens de Reims à prévenir par une prompte soumission les conséquences du marché.

Mais Saint-Pol, profitant d’un temps magnifique, « le plus beau « qu’on vit depuis douze ans », non-seulement fournit aux Rémois le moyen de faire paisiblement leurs vendanges, mais encore put « vendanger lui-même ceux qui les voulaient vendanger ». Il avait fallu se mettre à l’œuvre un peu avant le temps fixé (29 septembre), et les raisins étaient un peu verts ; mais les Rémois s’en consolèrent en voyant les dépouilles ennemies affluer à Reims, et ils disaient par raillerie : « Pour le coup, nos voisins ont été mauvais marchands, encore qu'il y ait longtemps qu'ils font estat d’être bien

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