‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 180 sur 327 · TENTATIVE DU DUC DE LORRAINE CONTRE LANGRES · texte numérisé non relu

TENTATIVE DU DUC DE LORRAINE CONTRE LANGRES

ensuite La Mothe!, vieille forteresse de son duché, qui dominait Re | tout le Bassigny ?.

Une lutte aussi acharnée ne pouvait se soutenir sans qu'il en coutât à la caissé de l'Union, car les subsides de l'Espagne étaient insuffisants pour en combler les vides. Aussi n'était-il pas de violences auxquelles ne recourussent les capitaines pour subvenir à l'entretien de leurs troupes. Guyonvelle, à Chaumont, confisqua, le 3 juillet, les biens des habitants de cette ville qui s'étaient retirés à Langres. À Meaux, c’est le gouverneur Rentigny, qui, trouvant les 4 habitants de Jouarre trop lents à payer leurs contributions, leur envoie, dans la nuit du 16 au 17 août, une troupe de soldats qui les nn pillent et en tuent ou blessent plusieurs { Mais ces exécutions ne 36 faisaient qu'aggraver la misère publique ; l’argent devenait de plus en plus rare, et les terres demeuraient incultes.

Pendant que s’accomplissaient les événements que nous venons d'exposer, s'avançait en bon ordre, sous lecommandement du prince d’Anhalt, l’armée étrangère que Turenne avait été chargé de lever | en Allemagne 5. Quand, vers la fin d'août, elle fut entrée sur le territoire de la Champagne, où elle ruina l’abbaye de Beaulieu et la Pur]

1 V.le rapport de Dinteville au duc de Nevers. Correspond. polit., j p. 29 (ap. Migneret, p. 199 et sq.).

? Elle était située sur le territoire d’Outremécourt, où l’on en voit encore quelques ruines. Elle fut détruite en 1645, comme on le verra en son 1 lieu.

3 Hist. de Chaumont, p. 153. LE 4 Hist. de Meaux, p. 273. Fe # 5 Mayenne n’avait rien négligé pour en entraver l’enrôlement. Le 4er juin, il écrivait d'Amiens « à très auguste et très invincible prince l’Em- À « pereur des Allemaignes » (Rodolphe Il), le priant « d’interposer ses s .« commandements, prières et exhortations envers les princes du Saint- Ë « Empire, pour rompre les desseins et praticques des envoyez de la reyne « d'Angleterre et duroy de Navarre... » Quinze autres lettres avaient FA été le même jour et à mêmes fins adressées à la reyne douairière de France (Elisabeth d'Autriche, sœur de l'Empereur, veuve du roi Charles IX), — à Madame la duchesse de Bavière, — à M. l’archiduc Ferdinand, — à k 1 M. l’archiduc Ernest, — à M. le duc de Bavière, — à M. le duc Ferdinand 1 de Bavière, à M. l'archevêque de Coulongne, électeur du Saint-Empire, — aux archevêques de Mayence, Trèves, Salzebourg, électeurs, — aux évé- SE ques de Wisbourg, de Strasbourg, de Worms, de Spire (V. la Corresp. À

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forteresse de Contault, brüla le bourg de Han et le fort du prieuré de Senuc !, Henri IV s'empressa d’aller la recevoir. Partant de Chauny, le 15 septembre, il vint par Rumigny à Maubert-Fontaine, où, par lettres du 20 décembre, il transféra le grenier à sel d'Aubenton, à cause de la rébellion notoire des habitants de cette dernière ville ? ; puis, le 20 septembre, il prit son logement à trois lieues de Mézières, et le lendemain 21, il arrivait par Thin-le-Moutiers à La Cassine ?. Le duc de Nevers, à qui cette maison forte appartenait, s’y tenait pour lors, s’apprétänt à assiéger le château de Haumont (Aumont), que Saint-Pol, aidé des Espagnols, lui avait enlevé au mois de juillet ; il reçut et traita magnifiquement Henri avec tous les princes et grands seigneurs de sa suite #.

Le duc depuis longtemps pressait le roi de venir en son gouvernement de Champagne : il ne doutait pas que sa présence ne lui gagnât tous les cœurs et ne fit tomber toutes les résistances. Il était d’ailleurs lui-même impuissant : « Je n’ay pour toutes forces, éeri- « vait-il à Henri, que mille ou huit cents Suisses du régiment de « Soleure, qu'il faut payer pour trois mille, et je n’ay plus un « denier, n'ayant tousché que sept mille écus prestés par Châlons ». Cette détresse lui était insupportable, et plutôt que de subir les affronts auxquels elle l’exposait, il était résolu de quitter le ser-

de Mayenne en 1590 et 1591). Ces lettres sont très intéressantes à étudier. Sa correspondance n'ayant point eu le succès qu'il en attendait, Mayenne pensa du moins à protéger la Champagne contre l'invasion des Allemands, et le 4 septembre il arrivait à Reims avec son armée d’Espagnols, d’Italiens et de Vallons. Logés aux faubourgs de la ville, ils les ruinèrent, et gâtèrent aux environs « tout la plupart des grains, tant des champs que « des granges ». (Journ. de Pussot). [ls ne quittèrent définitivement la place que le 1°" novembre.

1 Elle prit à composition le bourg de Cernay-en-Dormois, le 7 septembre. — M. de Nevers donne ordre à Pierre de Bar, prévôt des maréchaux, de détruire la forteresse de Contault (18 octobre).

? Revue de Champagne, juin 1882, p. 474.

3 (était une maison de plaisance entre Attigny et Donchery, que le duc avait fait construire à l'italienne. Acquise plus tard par Mazarin, qui la donna à sa nièce Hortense, elle fut dévorée en 1697 par un incendie.

4 Palma Cayet, édit. Michaud et Poujoulat, t. I, p. 307.

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