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HENRI PARLE DE SE CONVERTIR

Cependant Henri, trompé dans son attente, s'était décidé à se rapprocher de Mayenne et à demander à un traité ce qu’il ne pouvait obtenir par les armes. Il donna done aux négociations les mois d'avril, de mai et de juin, mais sans succès. Mayenne, qui n’était entre les mains de la Providence, qu’un instrument de ses desseins sur Henri et sur la France, mettait à trop haut prix son abdication ct la soumission des principaux chefs de la ligue : il ne demandait pas moins pour lui et les siens que le gouvernement, à fître hérédilaire, de treize provinces sur les vingt-trois que comprenait alors le royaume, et dans ce nombre la Champagne devenait le partage de Charles de Guise: ; le Rethélois et la lieutenance de la Champagne, celui de Saint-Pol. De telles conditions étaient inacceptables. Henri consentait bien, selon le mot de ses négociateurs, «à se couper < un bras pour sauver le corps » ; il voulait bien, en d’autres termes, faire à Mayenne l'abandon de la Bourgogne en toute souveraineté, mais il ne pouvait aller au-delà pour le repos de la France et le salut de la couronne ?.

Dès lors, il ne lui restait plus qu’un moyen de terminer la guerre civile en dissolvant la ligue. Que poursuivait, en effet, celle-ci ? sa conversion ? Il n’y répugne pas. Il renoncera done authentiquement à réclamer un concile, et il offrira « de prendre un temps préfixe € pour se faire instruire », en même temps qu’il autorisera « les sei- « gneurs de son parti à députer vers le pape pour l’informer de son € intention etconcerter avec lui les moyens de son instruction ?». Cet engagement, Henri le prend sans doute avec plus de sincérité que ne met de simplicité à le dresser le personnage qui le lui suggère, et pour qui c’était « un coup de parti #». Toutefois, il procé-

1 11 lui en avait donné le gouvernement le 3 mars 1599 (V. ci-dessous, Biat intérieur de la Champagne de 1559 à 4610, $ V, les gouverneurs de cette province).

? Poirson, p. 133 et sq.

# [envoya à Clément VII le cardinal de Gondi et le marquis de Pisani, en même temps qu’il sollicita l'intervention de Venise et du grand duc de Toscane auprès du pontife ; mais celui-ci, prévenu, refusa de les recevoir.

* Duplessis-Mornay pensait procéder à l'instruction du roi par une controverse qu’il dirigerait et ferait tourner au profit de la doctrine calviniste (V. Lettres religieuses, p. 282).

Sos

dera lentement et continuera de demander à la fortune des armes la soumission de ses adversaires.

Pour ceux-ci, loin de suspendre leurs hostilités, la situation présente du roi de Navarre les animait à en poursuivre le cours avec une nouvelle ardeur. L'armée lorraine, battue sous les murs de Stenay, s'était repliée sur le Bassigny et y avait pris ses quartiers d'hiver ?. Grâce à son appui, Langres cut cette fois Za corde au cou, et fut dans un si piteux état que les partisans du gouverneur et du maire excitaient des rrottes?,

Dès le 34 janvier, le conseil de ville se plaignait au duc de Nevers que l'ennemi eût repris plusieurs places et refit Monseaugcon. Le 23 février, il demandait au duc des forces suffisantes pour attaquer cette place. Il insistera, le 22 mars, faisant valoir la considération que la maçonnerie des remparts faite en hiver ne tient pas et cédera à la première attaque. Dinteville, de son côté (20 mars), représentera au duc que Langres est en danger, étant pressé de toutes parts par les forces ennemies.

Guyonvelle, il est vrai, arrivé, le 4 mars, devant Cirey avec les canons de Chaumont et de Saint-Dizier, avait, le lendemain, battu en brèche ce château si redouté des campagnes, et le 8, vers midi, contrainte à se rendre, la garnison prenait le chemin de la forteresse de la Mothe, non sanslaisser à sa sortie plusieurs des siens aux mains des assiégeants, qui les massacrèrent. Cirey devait être rasé : c'était le vœu des populations voisines, et particulièrement des Chaumontais, qui faisaient dire à M. de Joyeuse que, « si cela n’était & fait,... ils étaient bien résolus de n'être désormais si libéraux à « prodiguer ce qui leur appartenait » ; mais le crédit du baron de Saint-Amand, qui avait eu le commandement du château, obtint qu’il demeurerait debout.

Guyonvelle prit ensuite le château d’Orges, enleva au baron de Lanques celui de Coiffy (12 avril), après un siège de trois semaines où furent tirés 800 coups de canon, emporta Montigny-le-Roy, « fort « bonne place près de Langres» et vint mettre le siège devant Montéclair, où il fut rejoint par le marquis du Pont. Saint-Remy, qui

! Le duc de Nevers l’estimait, le 7 mai 1592, « composée dé 5 à 6,000 hommes de pied, et plus de 42 à 4500 chevaux ».

? Henri, Zntervention du duc de Lorraire en Champagne, p. 43.

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