TRAITÉ CONCLU ENTRE REIMS ET CHALONS
« bourgs et villages des environs d’icelles,.…. de cueillir et vendanger « les raisins des vignes à eux respectivement appartenans ès vigno- « bles de la montagne de Reims, rivière de Marne, montagne de « Vertu et terroirs voisins, comme Avise, Cramant, Cuys, Montelon, « Vignetz, Sainct-Martin, Pierry et autres dépendances de lad. « montagne de Vertu »,..… sans qu'on püt prendre ni réputer « prisonniers de guerre ceulx et celles qui seront employés à la « cueillette desdits raisins, fassons, voitures et conduites desdits « vins, soient femmes, enfans au-dessous de seize ans, serviteurs, « servantes, vignerons, artisans, manouvriers et autres de telle « qualité, leurs chars, charrettes, chevaux, bœufs et autres bestes « de voiture qui porteront, mèneront et charrieront lesdites ven- « danges et vins èsdites villes et bourgs et autres lieux cy-dessus « nommés... ».
Le second traité, qui intéressait le labourage et les revenus, mettait à l'abri de toute attaque etvexation «les laboureurs et vignerons « des villes de Chaallons et Rheims, Victry, Esparnay, Saincte- « Menehould, Fismes, Cormissy, Chastel et Portian, Chastillon et des « autres bourgs et villages des environs desdites villes, mesmes « tous ceulz du duché de Rethelois ». Il fut signé le lendemain, 8 octobre, comme le premier, en présence de l’abbesse d’Avenay. Le 9, les deux traités étaient publiés et bientôt ratifiés, d’un côté, par le roi !, et de l’autre par le due de Mayenne. Les parties pouvaient en proroger les effets jusqu’au 1° avril 1593.
Tout précaires qu’en fussent les avantages, ces traités ne laissaient pas d'offrir aux populations quelque répit dans leurs souffrances ?. Aussi la ville de Langres s’empressa-t-elle d’en négocier un avec les représentants de Saint-Pol et du due de Lorraine ; elle n’aspirait qu’à la sûreté du labourage et à la libre jouissance des revenus; mais l'ennemi ne serait pas fâché d'obtenir « une suspension « d’armes pour un an ou deux ». Dinteville s’y oppose, et le 3 février
1 Le 22 novembre pour le labourage, et le 23 décembre pour les revenus (Hérelle, La Réforme et la Ligue, etc., t. [, p. 327, note). Le traité du labourage est en 6 articles; on en peut voir le texte au t. IT, p. 461.
2? Cest pourquoi nous voyons le conseil de ville de Reims écrire à celui de Châlons qu’il n’omettra rien pour faire observer les traités d’Avenay (15 janv. 1593). Arch. mun., AA 8.
le roi fait observer aux habitants de Langres qu'il n’est utile ni pour son service ni pour eux-mêmes que cette suspension ait lieu, car le duc de Lorraine ne la recherche que parce qu'il a toutes ses forces occupées du côté de Strasbourg. Il n’en serait pas de même pour la question du labourage, mais la conférence de Glefmont n’eut aucune suite. Chaumont avait exhorté les Troyens à y prendre part; ceux-ci s’abstinrent, parce que le traité ne s’appliquait pas à toute la province, et que les places ennemies dont ils étaient entourés ne laissaient à leurs transactions aucune sécurité !.
Plus heureuse que Langres, la Brie, grâce à un accord de Vitry, gouverneur de Meaux, avec le duc de Nevers et M. d’O, gouverneur et lieutenant général pour $S. M. en la ville de Paris et l'Isle de France, put se flatter de l’espoir de goûter le bienfait d’une suspension des hostilités « durant la présente année 1593, à compter du * « 1x février », et de labourer, commercer en toute liberté. Le 6 février, la trève recevait l'approbation du roi; le 1* mars, celle de Mayenne. Elle était publiée à Meaux le 23 avril?.
Dix jours auparavant (13 avril), le sieur de Pesché, gouverneur de Château-Thierry, en avait obtenu une du duc de Nevers pour la sécurité de la région *.
De son côté, Saint-Pol proposait, en janvier, au due de Bouillon un traité où seraient comprises, d’une part les villes de Reims, Mézières, Rethel, Vitry, Fismes et Rocroy ; de l’autre, celles de Donchery, Sedan, Maubert, Sainte-Menehould, Epernay et Châlons. Le due de Bouillon ne manque pas de donner aux Ghâlonnais communication des articles qui concernent la liberté du labourage et du commerce (24 janvier), et dès le lendemain les Châlonnaïs expriment au due de Nevers le vœu qu’on ajoute à ces articles la jouissance des revenus. [ls écriront aux Rémois pour cet objet. Le traité trouve bon accueil auprès de ceux-ci (30); il sera certainement ratifié (6 février). Il le fut en effet, le 2 mars, par Mayenne et le duc de Guise. Les Rémois en font part aux Chälonnais, le 9 suivant, en souhaitant que la publication ne s’en fasse pas attendre, car les semailles appro-
1 Hist. de Troyes, t. IV, p. 221.
2 Hist. de Meaux par Carro, p. 986, et Hérelle, La Réforme et la Ligue, 1. M, p. 485.
8 On en peut voir le texte dans l’Hist. de l’abbaye d'Avenay, par L. Paris, p. 2/1.
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