IL ABJURE DÉCIDÉMENT. AO
faisant en cela, il est vrai, acte de politique qui transige bien plus que de néophyte convaineu et repentant!.
La situation de Mayenne était délicate. Il lui fallait épargner à Paris de nouvelles souffrances, afin d'y prévenir l'explosion de nouveaux murmures, et se soustraire à l'oppression de l'Espagne sans rompre avec Philippe: une trève de trois mois, conclue avec Henri le 31 juillet, et la remise à un temps plus favorable de l'élection d’un roi catholique le tirèrent d’embarras. Les états furent, en effet, non dissous, mais prorogés à trois mois (9 août), après avoir ordonné la publication du concile de Trente et avoir juré de demeurer unis pour la défense et conservation des intérêts religieux, de nerien consentir à l'avantage de l’hérésie et d’obéir au Saint-Siège en tout ce qui concernait la religion. Aussi bien les prélats qui, malgré l’opposition du légat, s'étaient arrogé le droit d” « absoudre » le roi de Navarre « du crime d'hérésie et d'apostasie », n’avaientils osé le faire que sous la réserve. de l'autorité du Saint-Siège apostolique. C'est pourquoi, dans la Champagne comme ailleurs, les esprits étaient partagés sur la valeur de l’acte accompli par Henri ; etsi «auleuns estymaient qu'ilestait vrayement converty, les aultres « doubtaient que ce fut simulation? », et déclamaient contre « la
avril, les chefs des calvinistes pour se les ménager dans la démarche décisive qu’il allait faire (Poirson, p.177); car il n’ignorait pas que « Messieurs de Turenne et de la Trémouille et leur séquelle » travaillaient à « faire résoudre » par une assemblée de ceux de la religion, s’il se faisait catholique, « un protecteur et un establissement de conseils « dans les provinces. (Sully, Œcon. roy., c. 39.) « .… Venez demain de « bonne heure, car il semble qu'il y ait déjà un an que je vous ai vu ». (Lettres missives, t. I).
1 La ville de Châlons devait être une des premières informées de son abjuration ; car, le 25 juillet même, il lui écrivait pour lui donner avis qu’il a « cejourd’hui ouy la messe, de quoi il désire qu’il soit rendu grâce « à Dieu par des processions et prières publiques ». (Barbat, p. 365.) Il y eut, le 29, chant du Te Deum à l'église Saint-Etienne et l'on fit feux de joie devant l’hôtel-de-ville etsur la place du Marché. Deux jours plus tard (31), Nevers engageait le conseil à « tirer tous les gros canons et eoulleu- « vrines, afin que les villes circumvoysines puissent avoir cognoissance « de telle resjouissance, et que cela leur serve d’un exemple d’en faire « de mesme ».
2 Pussot, ann. 1593.
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