‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 206 sur 327 · SEE · texte numérisé non relu

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« simulée conversion administrée par des prélats suspects au faict « de religion t ». Quelques-uns allaient même jusqu'à se persuader que le lieutenant général ne désirait pas une scrupuleuse observation de la trève, « voulant seulement attendre quelqu’autre commodité», et souhaitant que « cependant on se roidisse tousjours plus fort en « la faveur de son nepveu Monsieur de Guise sur son eslection en « laroyauté ». Une députation des habitants de Sens est venue s’enquérir à ce sujet auprès de Mayenne, qui n’hésita pas à désavouer de telles arrière-pensées, et à recommander l'exécution de ses ordres officiels .

En présence de l'opposition qui criait au scandale, et des soldats mécontents, qui voulaient faire leur « dernière main » par le pillage et les tailles, Dinteville et Nevers ne s’épargnèrent pas ?. Calmant les uns, gagnant les autres, ils parvinrent, non sans peine, à assurer la tranquillité publique.

Bientôt (28 octobre) « M. Dinteville, lieutenant général en la province de Champagne », allait « de par le roi » faire « asseavoir » que la trève conclue entre Henri et Mayenne était continuée pour un « mois finissant le dernier jour de novembre prochain ». Mayenne eût désiré qu’elle se prolongeât ensuite jusqu’à la fin de mars 1594, mais on ne put s'entendre sur ce point, et le 27 décembre, le roi faisait connaître aux Châlonnais le regret qu'il avait de reprendre les armes ‘.

Les hostilités vont done recommencer, comme avant la trève générale elles n’avaient cessé d’affliger la province.

Ainsi, vers le 42 avril, Saint-Pol, se rendant à un appel du due de Guise, s'était emparé du château de La Motte à Courtisols ; mais, trois jours après, les Ghäâlonnais, aidés de leurs voisins d’Epernay,

1 Lettre de l'abbé d'Orbais au commandeur de Dion, 4 août 1593.

2 Hist. des ducs de Guise, t. IV, p. 225.

3 Nous trouvons à la date du 3 juin 1593 un rôle de 50 chevaux de remonte pour le charroï de l'artillerie du roy, achetés aux environs et réunis à Châlons par ordre de M. de Nevers, lequel rôle est accompagné d’un marché passé avec Martin Mouton, capitaine ordinaire du charroi de ladite artillerie, moyennant 12 sols 6 deniers par jour pour la nourriture et l'entretien desdits chevaux.

4 Hérelle, Documents, lettres, p. 367.

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