SOUMISSION DE PLUSIEURS AUTRES VILLES
e siège présidial, de l'élection de la prévôté, du grenier à sel et des autres juridictions et privilèges dont elle avait été dépouillée t.
C'est également devant Laon que le roi reçut et approuva les articles de la soumission de Château-Porcien (2 juillet), de Rethel (31 juillet) ?, et que Vitry-le-François lui fit présenter les siens ° par le sieur de Frénicourt*, gouverneur de la place, accompagné des représentants des trois états. Ces articles, au nombre de 20, auxquels le roi répondit le 12 juillet, n'avaient pas omis le rétablissement des offices et dignités tant de justice que de « finan- « ces qui, pendant les troubles et à l’occasion d’iceulx, avaient « été transférés ailleurs » : le roi donna à cet égard toute satisfaction 5. La réduction de Vitry n’eut d’ailleurs rien de désintéressé, du moins de la part de Frénicourt, car elle*ne coûta pas moins de 20,000 écus au Trésor f : c'était le train ordinaire.
1 Palma Cayet, p. 585 et l'Histoire de Château-Thierry par l'abbé Poquet, t. Il, p. 21.
2 Le conseil avait présenté ses articles le 20 mai. Le gouverneur de la place, M. de Castigneau, qui en devait la garde à Saint-Pol, « reconnoissant qu’elle appartenait à Mgr le duc de Nyvernois et de Rethellois », la lui avait remise le 5 mai, et le duc l'avait continué dans sa « charge de gouverneur et capitaine de lad. ville et château ».
3 Voyez-en le texte aux Documents de M. Hérelle, t. IE, p. 351. — Voici celui d’une partie du 12°. « Les sièges des bailliages, présidial, prévosté, « élection, mareschaussée, grenier à sel et justice des eaux et forestz ; bu- « reau de la recette de ladite élection et tous autres offices et dignitez... « seront restablis audict Victry et remis en tel estat qu’ilz estaient au com- « mencement de l’année VeIVXIX ».
4 Il signe Frenycourt, et les articles du traité présentent son nom tantôt écrit Frénicourt, tantôt Fregnicourt.
ë Articles, réponses et patentes furent enregistrés, le 10 octobre, à l'élection et au bailliage de Vitry.
6 L'ordre de lever les 20,000 écus accordés à... est daté du 4 juillet au camp devant Laon (Arch. départ., 1° 139) : mais, dès le 26 juin, il donnait avis aux Châlonnais de ses pourparlers avec Frénicourt, en les invitant à lui avancer la somme promise. Il compte à cet égard sur leur bonne volonté accoutumée, comme ils pouvaient être assurés que le remboursement de leur avance leur serait fait selon qu’ils Le désireraient (V. à lAppendice la lettre de Henri IV). Quant aux réponses du roi à deux articles
CS
additionnels, elles sont du 7 août (f° 255). — Pour Château-Porcien, voir
Al LA PROVINCE DE CHAMPAGNE, 1594.
Reims seule tardait à reconnaître Henri. Ce n’était pas que le gouverneur, M. de Saint-Pol, n’eût songé, après l’abjuration de ce prince, à faire comme tant d’autres son traité particulier; mais il ne pouvait y arriver qu'en se rendant maître de la ville. Dès la fin de juillet 1593, il faisait craindre « quelque effort » de la part de l'ennemi, et le 31, dans une assemblée générale, après lecture de sa lettre, le lieutenant Pillois proposait d’aider les habitants « de trois « ou quatre cents hommes de pied, comme les années passées ». Aussitôt « grand bruit et grand tumulte »: c'était, à n’en pas douter, l’assujétissement de la ville que méditaient Saint-Pol et Pillois ; c'était une « citadelle » qu'ils préparaient. Vainement le doyen Frizon, prenant la parole, défend avec chaleur la proposition : les cris redoublent, Pillois‘est outragé, menacé de coups et contraint de s'évader pour échapper à la violence.
Cependant, trois mois après, Saint-Pol, accouru de Mézières, revenait à la charge et faisait réunir les notables au Palais-Royal pour le 5 décembre : « On vient de faire invention, dit Pillois, de nouvelles « saucisses par le moyen desquelles on peut couler grande quantité « de poudre dans les tours, pour les faire tomber, et, ce faisant, « surprendre les places. Comme la trève vafaillir, et que la ville de Reims est si mal gardée que, soir ef matin, l’entreprise est possible, il faut nécessairement que les bourgeois fassent bonne garde par « eux-mêmes ou par une garnison de trois cents hommes ». L’assemblée décide que la garde se fera par la milice bourgeoise. « Pas « de citadelle ! » crie-t-on par les rues.
Mais Saint-Pol n’était pas homme à reculer devant ces défiances. Le jour de la Saint-Nicaise (14 décembre), dix ou douze des plus ardents ligueurs se réunissent avec lui chez le doyen Frizon, et lui promettent d'introduire ses troupes dans la ville en tel nombre qu'il
le f 292, et pour Rethel le {° 284. Cependant, dès le 7 mai, Nevers écrivait de Rethel aux Châlonnais pour se réjouir avec eux de la soumission de cette ville tant à cause de son importance que des bons effets qu’aurait son exemple (La Réforme et la Ligue, Lettres, p. 372). Mais ilne s’agissait que du château, où le duc était rentré le 7 même, c’est-à-dire deux jours après que les conditions de la reddition en avaient été arrêtées. Quant à la capitulation de la ville, elle ne fut résolue que le 20 mai au conseil, pour être acceptée par le roi le 31 juillet (Jolibois, Hist. de Rethel).