‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 215 sur 327 · A LA JOIE SUCCÉDENT BIENTOT LES REGRETS. 421 : À · texte numérisé non relu

A LA JOIE SUCCÉDENT BIENTOT LES REGRETS. 421 : À

« de toutes pars vollé, rançonné, battu et tourmenté, sans espoir 1h

« de meilleure attente ! ».

Une conduite aussi égoïste et lâche jetait le peuple de Reims

« dans un grand esmoy ». Aussi commençait-il à regretter Saint-

Pol, et le besoin de repos devait-il l’amener insensiblement aux fins

que se proposait le due. Profitant de cette disposition des esprits, 5

le gouverneur et lieutenant général de Champagne, Louis de

Gonzague, duc de Nevers et de Rethel, peu content d'adresser aux ÿ

Rémois des lettres « gracieuses », leur fit écrire par les habitants

de Troyes. « Le duc de Guise, avait-il dit lui-même dès le mois de pre

« mai, ne songe qu'à traiter avec le roy, à vos despens et vous 5

« mener en laisse après Iuy, comme des barbets, fleychir le genou ie

« devant Sa Majesté ; allez-y plustost de vous-mêmes, comme ont #

« fait toutes les bonnes villes de ce royaume, et particulièrement

« de nostre Champagne ». Lorsqu'à ce sage conseil vinrent se

joindre les exhortations de la ville de Troyes, les malheureux

habitants de Reïms se sentirent ébranlés et se montrèrent prêts à 11

répondre à l’appel qui leur était fait ; mais le due de Guise les il

prévint en se rapprochant du roi et en ouvrant bientôt avec Henri, L

par l'intermédiaire de madame de Guise, de sérieuses conférences An

(fin juin 1594). 4 Les négociations se poursuivaient depuis plus de quinze jours ?

entre les représentants des deux partis, sans avancer beaucoup, en- i

travées qu'elles étaient par les exigences des uns ÿ et la résistance h

naturelle des autres, quand Madame de Guise, tout émue de ces

retards, vint, le 15 juillet 4, trouver le roi au moment où, le tenant

par la main, il s’entretenait avec Sully, et le conjura en termes à

1 Jean Pussot. |

2 Plus de dix jours, dit en un endroit Sully, p. 173 ; quinze jours à trois Ê | semaines, dit le roi (Sully, p. 177). |

3 Les représentants de Guise demandaient pour lui le gouvernement de Û | la Champagne, dont le duc de Nevers n’entendait pas se dessaisir, et pour { ses frères, d’une part la grande maîtrise de la cour, dont était pourvu le E comte de Soissons, de l’autre l’archevêché de Reims, donné à Philippe du SUR A EE Bec.

4 La date est formellement indiquée par celle de la teneur des pouvoirs ? conférés à Sully (p. 177). Cependant les Mémoires disent (p. 172) que ce HEEZE

fut quelques jours après la mort de M. d'O quele roi se décida à entrer en

touchants de daigner y mettre ordre : « Hé bien, ma cousine », lui dit le roi, en lui prenant et lui baisant les mains comme par force, « que désirez-vous de moi ? Car de toutes choses possibles. .. je « n’en refuserai une seule à l'affection que vous me témoignez. « Voulez-vous que je vous baïlle d’autres de mes serviteurs pour « voir s’ils feront mieux et plus diligemment que ceux dont vous « vous plaignez ? S’il n’y a que cela à faire pour vous contenter, « je vous l’accorde de bon cœur; partant, choisissez en vous- : « même quelqu'un en qui vous sachiez bien que je me fie, et il ne « vous sera point refusé ». Et lors elle lui répondit toute joyeuse : « S'il vous plaisait, Sire, nous baïller celui-là seul que vous tenez « par la main, lequel, en tant d'autres traités et affaires, vous a « déjà servi, ainsi que je vous ai oui dire, tant loyalement et « heureusement, vraiment vous nous obligeriez à toute extrémité...» — € Quoi, répartit lors le roi, ce méchant huguenot ! Vraiment je « vous l’accorde fort franchement, encore bien que je sache bien « qu’il est votre parent, et qu’il vous aïme infiniment » ; et, sur l'heure même, il fit dresser et sceller du grand sceau une commission qui conférait à Sully les pouvoirs les plus étendus et les plus absolus.

De son côté, le lieutenant de Reims ayant dit, le 8 août, «qu’il « a entendu que Monsieur de Guise traitaitavec le roi de Navarre », le conseil décidait, « attendu qu’il est question d’un fait de con- « science, et joints les serments solennels faits par les habitants, « que MM. de la Faculté de Théologie seraient priés de s’assembler « et nous bailler avis comme nous nous devons gouverner en cette « affaire ? ».

négociations avec le duc ; et d'O mourut le 2% octobre. Il y a dans ces dates un profond désaccord.

1 Ce jour-là même, le duc de Nevers écrivait de Laon aux Châlonnais, pour se réjouir avec eux de ce que le duc de Guise s’est rangé au service du roi : les principaux articles sont accordés, le reste se conclura vers la fin du mois... « Cependant, ajoute-t-il, il a été accordé une trève générale de laquelle M. de Verzenay doïbt emporter l'ordonnance de M. de Guyse et la myenne, que j'ai escript à M. de Thomassin de la faire publier ».

2 Arch. législ, de la ville de Reims, Statuts, 1® vol., p. 933.

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