‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 217 sur 327 · REIMS EST REMISE EN L'OBÉISSANCE DU ROI · texte numérisé non relu

REIMS EST REMISE EN L'OBÉISSANCE DU ROI

députés ne tardèrent pas à quitter Paris; ils étaient de retour à Reims le samedi 10 décembre, porteurs des « articles accordés par € le roy et confirmés par la cour ». Le lundi suivant, 19, le due de Guise réunissait en la salle du palais archiépiscopal « les corps de « la ville, tant de l’église et université, du conseil, du siège!, de « l’échevinage, capitaine et aultres habittans », pour leur donner communication du traité. « Ge fait, on se mit en prières en l’église « Nostre-Dame, et, fin des vespres, fut chanté le 7e Deum solemp- « nellement, et menée grande joie tant par prière, son des cloches, « artilleries tirées, et faict plusieurs feux de joye, et quoy faisant « fut par le peuple à haulte voyx erié : « Vive le Roy !? ».

Ainsi fut remise la ville de Reims en l’obéissance du roi, et avec elle les places que le duc s'était engagé à lui rendre, particulièrementFismes 5, Rocroy, Montcornet, Saint-Dizier, Guise et Joinville #. En même temps tombait sous la pioche la forteresse de Mareuil. Après avoir tant coûté à Reims et aux villageois des environs, elle avait été fort habilement surprise par ceux de Châlons et d’Epernay, à qui elle était particulièrement odieuse 5 ; car, profitant de ce que le capitaine était à Avenay, où ilse donnait du bon temps, ils étaient venus, le 18 janvier 1594, « en deux basteaux en forme de mar- « chandise, et feingnans d’acquitter le péage et subside que la gar- « nison avait inventez aux marchandises passant par devant ledit « Mareuil », ils étaient entrés dans la place avec ceux qui venaient recevoir le péage, et avaient ainsi gagné « ledit Mareuil, qui estait « imprenable, ce semblaitf ». Plus tard, sur la fin d'octobre, les

! Royal et présidial,

2 Pussot.

3 Pussot, ap. Coquault., ann. 1594.

4 Les gouverneurs de ces différentes places eurent congé de se retirer en Lorraine, ce qu’ils ne firent point sans piller et saccager Zibrement « tous les villages où ils passaient » (Mémoire des choses plus notables, etc., p. 158).

5 Les Rémois écrivaient, le 19 mars 1593, aux Chälonnais : « ... Si « la garnison de Mareuil vous est odieuse, faites qu'Epernay soit

« démantelé, nous ferons le semblable à Mareuil... ». Correspondance de Dinteville.

6 Pussot.

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