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Rémois y étaient rentrés, également par surprise !, mais le roi l’avait fait immédiatement bloquer par les gens de guerre du due de Bouillon, et la place, « faulte de vivres », n’avait pas tardé à capituler (7 novembre)?. Cette fois, Mareuil n’inquiétera plus Epernay ni Châlons ; le roi informe, le 15, les Châlonnais qu'il a mandé bien expressément au sieur d'Inteville de faire promptement abattre la fortification et de remettre Mareuil «en tel estat que ses ennemys « ne s’en puissent prévalloir au préjudice de son service *». Quelques jours après, il réitère à Dinteville ses ordres, et le fait savoir, le 28, à ses « chers et bien amez » ; car il a à cœur de « descharger « ses pauvres subjects qui sont à la campagne, assez affligés d’ail- « leurs et qui supportent à son très grand regret asssez d’aultres « despenses onéreuses #*». Toutefois l’exécution est retardée par le mauvais vouloir de celui qui commande au fort de Mareuil sous M. de Vignoles, et qui refuse de recevoir l’envoyé de Dinteville. Henri, mécontent, écrit, le 8 décembre, au gouverneur d’Epernay: « Je « veulx croire, lui dit-il, que telles difficultés cesseront, et que vous « et votre lieutenant vous conformerez au commandement que vous « avez receu de moi ». Et ainsi fut fait 5.
Bientôt allait disparaître à son tour le château Porte-Mars, qui avait été si longtemps pour les libertés rémoises un sujet d'alarme. Après avoir obtenu du prince de Joinville f, gouverneur de Reims,
1 Lettres missives du roi conservées aux archives de Châlons. Lettre du 3 novembre : « Chers et bien amès, sur l’advis qui nous à été naguère « donné que nos ennemis ont surpris le fort de Mareuil... ».
2 Le conseil de ville en recevait, le 8, la nouvelle de M. de Thomassin (Livre des conclusions, 8 novembre). Néanmoins Couan, gouverneur de la place, fut récompensé de sa capitulation par le don de 600 écus (Commission de les lever, Lyon, 27 août 1595. Arch. dép., C. 2489, f° 331).
3 Lettres missives du roi. Lettre du 15 novembre.
» Ibid., 28 novembre.
5 Ibid. Lettre du 8 décembre. On démolit de même les tours de Fismes, de Cormicy et de Bétheniville. Les pierres de cette dernière tour, dont Henri Bazin, orfèvre, s'était fait acquéreur, furent vendues à Madame la vicomtesse d’Acy, qui les fit mener dans ses bâtiments de Saint-Souplet (Pussot).
6 Claude, frère du duc de Guise, plus connu sous le titre de duc de Chevreuse. (V. ci-dessus, p. 303, note.)