ESSAIS DE CANALISATION
damas dits Cafards!; mais des divers essais qui se firent pour acclimater le vers à soie dans la province, il n’est resté aucun vestige sérieux.
Ainsi en a-t-ilété des travaux de canalisation destinés à favoriser le commerce de la Champagne avec la Picardie. La canalisation de la Vesle intéressait vivement les Rémois, et le cardinal de Lorraine avait si bien conduit cette entreprise que, le 22 septembre 1574, arrivait devant la ville un bateau chargé de suif, d'huile et de harengs, qui appartenait à quatre «marchans demourans à Reims ». La ville était bien en communication avec l'Aisne, et les premiers fruits de l’opération apparaissaient à tous les regards. Mais la mort du cardinal et la gravité croissante des troubles avaient fait délaisser la navigation de la Vesle, et à la fin de la guerre il était devenu nécessaire d’en reprendre la canalisation, «si utile et profitable au « public ».
Au mois de septembre 1599, suivant lettres patentes du roi en date du 10, M. Thomas Cauchon, seigneur de Verzenay, était chargé de « faire rendre la rivière navigable et portant bateaux ». Pussot, membre de la commission d'enquête, appelé à rédiger le rapport, s’en acquitte avec honneur ; mais il est mal payé de sa peine, et quand, au moisde novembre 1605, à la diligence de M. Sillery-Brularst, que le roi avait récemment investi des sceaux?, il est question de faire « nouvelle visitation » de la Vesle, et même d’ « ad- « viser à la faire porter jusques audict Sillery », il s'excuse de toute participation à l’œuvre « tant pour une indisposition que pour le « bon traictement ? ». Les travaux, poursuivis à grands frais pendant plusieurs années, demeurèrent du reste sans résultats. La question devait trouver sa solution dans l'ouverture du canal de la Marne à l’Aisne ‘.
Plus heureux au sud de la Champagne, dès 1605 le gouvernement
{ Poirson, ibid., p. 75.
2? Les lettres en furent données au mois de décembre 1604.
3 Pussot, ann. 1574 et 1605.
4 Sillery, se prévalant de son autorité, avait cependant tiré de la province de grosses sommes d’argentsous le prétexte de l'intérêt public ; mais il les fit en grande partie servir à détourner la voie romaine qui conduisait de Reims à Châlons, pour arriver commodément à son château et pouvoir creuser un étang propre à assainir le sol marécageux.
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faisait dresser le plan du canal de Bourgogne, destiné à joindre le bassin du Rhône à celui de la Seine, et on travaillait en 4607 à la canalisation de l'Armanson, qu'il s'agissait d’unir à l'Ouche ‘. Mais l’entreprise ne devait être de sitôt fructueuse.
Quoi qu'ilen soit, Sully, résolu de relever le commerce de sa décadence, en même temps qu’il entre prenait de lui ouvrir par eau de nouvelles voies, ne négligeait pas de faire réparer les anciennes routes de terre ou d’en faire construire de nouvelles. Il les faisait d’ailleurs concourir à l'entretien de l'artillerie, en les faisant planter d’ormes qui servaient «aux affûts et remontage » des pièces de canon ; il s’inspirait en cela des lettres patentes données par Henri H le 19 janvier 1552, et confirmées par Henri Il en janvier 4583. Celles qu'il obtint de Henri IV à l'effet de faire planter des ormes non seulement sur les grands chemins, mais encore «ès « carrefours des bourgs et villages », sont datées de Fontainebleau, mai 1601 ?.
Sully aida également de tout son pouvoir à la sécurité et à la régularité des transports de marchandises ou de voyageurs.
Depuis 1571, Troyes possédait un coche qui faisait le voyage de Paris. Plus d’une fois, en traversant la forêt de Sordun, ce coche avait été attaqué, notamment le 45 juin de l’année 1579, où trois marchands troyens furent par quatre voleurs dépouillés de 8 à 900 écus d’or au soleil. La maréchaussée, avertie, ne faillit à son devoir et partit en telle diligence que les archers oublièrent de revêtir «leur saye ou jacquette de livrée ». Mal leur en prit ; car, se voyant sur le point d'être saisis à leur entrée dans la petite ville d’Arce, les brigands se présentent comme poursuivis par des voleurs qui voulaient les dévaliser. On s’arme pour leur défense, et la maréchaussée est indignement maltraitée. Quand l'erreur fut reconnue, l'un des lieutenants avait été mortellement frappé d'un coup d’arquebuse « avec deux balles ramées »; l’autre et plusieurs archers étaient blessés. On les chargea sur trois charrettes avec deux des voleurs saisis «encore vifs », et on les transporta à Provins. Là ces derniers, condamnés à mort, furent pendus devant le
1 Poirson, t. Il, 4" partie, p: 189 et 191. — Touchant la junction. de l'Aisne avec la Vesle, p. 145 et 193, 494.
? Arch. dép. de la Marne, C 2490, f° 427.